Bienvenue

Coquillages et crustacés …

Vagues

Coucou !

C’est lundi ! Le jour où l’on se donne des nouvelles des Voyageuses et des Voyageurs …

Merci encore de tes é-miles, modernes missives qui me vont, qui nous vont droit au palpitant ! Quelle chance et quel privilège de te savoir près de nous, même éloigné·e !

Tant d’amour, c’est beau !

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Je me souviens, hier, à l’oreille, je comptais un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept avant d’entendre le chuchotement de la vague qui repart vers l’immense Océan, comme quand j’étais adolescent et que je comptais un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept avant de me lancer dans les vagues à Hossegor, comme plus tôt, enfant, je comptais un, deux, trois, quatre, cinq, six et piaffait d’impatience de voir arriver la septième vague, la plus grosse, qui viendrait remplir les douves de mon île du bonheur …

Oui, enfant, je ne construisais pas des châteaux, je construisais des îles avec des tunnels et des terrasses qui devenaient le support de mes rêves d’aventures. L’enfant des volcans et des forêts qui rêvait d’Océan en se disant que c’était probablement un but inatteignable … et pourtant, si chaque vague trouvait son chemin jusqu’à la rive, j’allais bien pouvoir trouver ou inventer le chemin qui me conduirait jusqu’à ce rêve de vivre près de l’Océan.

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« On peut pas tout avoir ! »

« La vie est dure pour les rêveurs ! »

« Faudrait pas prendre tes rêves pour des réalités ! »

Parfois, dans l’Océan, c’est une tempête qui a lieu jusqu’à dix-milles kilomètres au large des côtes qui produit ces belles vagues géantes qui nous transportent de joie quelques minutes au bord de nos mondes résolument terrestres.

Dix-milles kilomètres. C’est long dix-milles kilomètres.

Combien de temps « On ne peut pas tout avoir » traverse nos vies en limitant nos croyances, nos confiances, nos désirs avant que nous ne finissions par réaliser que le but n’est sans doute pas de pouvoir tout avoir mais de savoir quoi vouloir. C’est combien dix-milles kilomètres en années humaines ?

Sur quelle distance « La vie est dure pour les rêveurs » nous accompagne en nous faisant prendre les chemins les plus difficiles et les plus dangereux aussi, parfois, pour réaliser cette inepte prophétie ? C’est combien dix-milles kilomètres en chemins abandonnés ?

Quel poids « Faudrait pas prendre tes rêves pour des réalités » pèse sur nos cœurs, nos épaules, nos bidous à force d’enterrer nos intuitions, nos visions, nos élans vitaux. C’est combien dix-milles kilomètres en autocensure ?

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … la vague arrive sur le rivage.

Combien de temps nous faut-il cheminer avec la trouille ancrée au ventre et au cœur, cette frayeur qui ne dit pas son nom mais le murmure au creux de nos oreilles inattentives pour nous contraindre à ne pas vivre pleinement ?

Même si l’abri de ta nuit est peu sûr et ton but encore lointain, sache qu’il n’existe pas de chemin sans terme. Ne sois pas triste.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Hâfez de Chiraz.

Alors, dans un demi-sourire, souffle avec moi ce « Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … la vague arrive sur le rivage. »

Une vie entière j’ai eu honte de reconnaître que j’avais besoin d’être aimé, c’est ça ma tempête en haute-mère, mon tsunami.

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C’est entre ses bras et les tiens que j’ai compris … un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … je n’ai pas besoin d’être un super-héros ou un être surnaturel … un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … la vague a rejoint la côte … un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … le sel des yeux s’est mêlé à celui de l’Océan … un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … rempli de la gratitude cet Amour partagé entre nous toutes, nous tous … un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept …

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Je vous aime.


Pince-moi …

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Salut, salut ! Comment vas-tu ?

Merci pour tes messages de la semaine passée, même si ce n’est pas super évident pour tout le monde, c’est quand même bon d’avoir de tes nouvelles !

Tu sais que quoi qu’il arrive, tu es lu·e et entendu·e et des kyrielles de pensées sont immédiatement et régulièrement envoyées vers toi …

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Je ne te cache pas qu’avec le retour du soleil, je rêve que l’on se recroise à la terrasse ou à l’Eden du café.

Je rêve de reprendre nos conversations où nous les avons laissées.

Je rêve de nos sourires.

Je rêve de nos tempêtes de cerveaux pour imaginer, pour comprendre, pour voir le monde avec d’autres yeux, pour surprendre, pour avancer ensemble.

Je rêve de te serrer dans mes bras (et je ne suis pas le seul, d’ailleurs).

Je rêve de te lire des livres, des extraits de pamphlets, de la poésie, au soleil dans l’Eden avec un thé fumant.

Je rêve de t’entendre me lire des choses que tu aimes en retrouvant le plaisir d’une de nos chouettes bières locales.

Je rêve de nos applaudissements à la fin d’un spectacle.

Je rêve des éclats de rire qui se parsèment tous seuls du jardin à la terrasse, de table en table.

Je rêve de partager avec toi mes réflexions sur le Monde-comment-il-va et qu’ensemble on déniche dans le réel ce qui n’a pas encore été défriché.

Je rêve de passer furtivement à ta table pour savoir si tout va bien en choisissant le meilleur moment pour ne pas interrompre ta conversation.

Je rêve que tu m’interrompes au beau d’une phrase que je suis en train de lire parce que tu cherches les toilettes.

Je rêve que ton café, notre café, ouvre ses portes et ses bras à plein de nouvelles belles personnes.

Je rêve que tout cela arrive vite.

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Je sais qu’on n’a jamais été aussi proche de la réouverture !

Je sais que nous allons nous retrouver bientôt.

Je sais que nous allons nous rassembler encore plus fort·es qu’auparavant.

Je sais que c’est possible et qu’il nous faut tenir cette dernière ligne droite pour pouvoir à nouveau rêver d’après …

Je crois qu’on ne peut rêver que si l’on a les pieds sur terre. Plus les racines sont profondes, plus les branches sont porteuses.         

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Marcel Arland.

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Alors en regardant les choses en face, le regard franc et farouche, le sourire géant qui mord la distance entre nous, les pétillements qui se réveillent, bien ancré·es dans notre affection commune, cet amour-là, je te le dis et l’affirme … tout ça, ce n’est pas qu’un rêve.

On se retrouvera bientôt.

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Abondance

Bunny

Coucou !

Comment vas-tu, dis-moi ?

Est-ce que tu as eu l’occasion de t’exposer aux bienfaits du soleil de la semaine passée ?

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Cette semaine, je te propose que l’on parte en virée aux origines de Pâques parce qu’il est amusant de réaliser, en farfouillant un petit peu, que tous les mythes et toutes les histoires parlent d’une manifestation résolument féminine. Rien à voir ni avec les cloches, ni avec les œufs de lapins !

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Eostre déesse saxonne de la fertilité, Ostara déesse germanique, Pachamama la déesse Terre Mère des amérindiens, mais aussi Gaïa, Déméter, Perséphone, Artémis, Cybèle, Hécate pour les romains et les Grecs, Isis pour les Égyptiens, Marie Madeleine pour les Chrétiens, Tara pour les Bouddhistes, Ishtar pour les Perses, Astarté, Kuan Yin, Durga pour l’Inde…et bien d’autres avatars ancestraux du principe Féminin Sacré …

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A chaque fois c’est le même dessein : la féminine apparition dans la lumière des jours du premier tiers de l’année, au sortir du sommeil glacé au Nord, à la remontée des entrailles de la terre au Sud. C’est toujours la lueur d’Est qui, puissante et bienfaisante, vient enfin réchauffer et réveiller le monde.

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Les fleurs épanouissent leurs parfums, les insectes vrombissent leurs courses de terre à ciel, les oiseaux cabriolent des nids, la musique du vent s’est ornée de feuillages naissants pour accompagner les passages philarmoniques des giboulées … c’est que l’emblématique féminité ne s’embarrasse pas des rôles construits par nos modernes sociétés ! Elle est vie, nue et invincible, vive et lumineuse.

Depuis la nuit des temps, ou au moins depuis le moment où la première aurore a pointé le bout de son nez, cette impulsion vitale a été incarnée par cette forme d’éternel féminin. Tout ça jusqu’aux très mâles inventeurs d’autres fables … c’est ballot !

Le mystère de l’incarnation se répète en chaque femme ; tout enfant qui naît est un Dieu qui se fait homme.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Simone de Beauvoir.

Alors, cette semaine encore, je suggère que nous rendions grâce à cette part de féminin qui en chacune et chacun de nous pousse à la joie, la force, le désir d’avenir.

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On en a bien besoin.

J’en ai bien besoin.

Par ma plume, reçois nos collectives embrassades et notre tendresse.

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Airgasme …

Bonjour, bonjour !

Comment vas-tu ?

(Toujours une vraie question, nous sommes soucieux les un·es des autres)

Cette semaine, je me suis entraîné à convoquer certains des moments qui m’ont collé au plafond de la voûte de mon ciel et m’ont fait perdre toute notion du temps qui passe (passe, passe, avec sa corde fait des nœuds …).

Livre

C’est une nuit d’un début d’été, bras nus, sous les lampadaires d’une ville du sud de la France. C’est dans la partie silencieuse de la ville, le vent tiède effleure à peine. Il prend ma main pour m’emmener vers un jardin, dans le parfum entêtant d’une glycine.

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C’est le premier matin d’un été, frais, au sommet du Menez Hom, la première lumière qui devient une sensation de douceur sur le visage.

Soleil

Je nage entre deux eaux au large du phare Amédée, sur le fond, une longue algue danse mollement dans le courant, elle se détache et viens se heurter à mon masque, c’était un serpent tricot-rayé.

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Je suis à l’arrêt, derrière le pendillon, à cour, ma valise à la main, et je m’apprête à franchir pour la première fois le rideau de la scène. L’émotion et la sensation physique, incomparables, de la présence du public.

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J’entre dans le club, la chaleur des corps au rythme de la musique assourdissante, une foule interlope et bigarrée, une marée de désir qui m’ouvre les bras, je danse, je ne suis plus seul.

club

Les derniers instants du millénaire, nous sommes sortis dans le jardin de son grand-père, la neige et la lune au-dessus qui jetait son halo là, dans le village au loin, la cloche de l’église a sonné douze coups.

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J’imagine le reflet bleuté du jour qui se lève sur le plumage d’un oiseau en vol.

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Je vois le monde à l’envers dans la goutte d’eau de la branche du pommier après l’averse.

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La vie ne se mesure pas par le nombre de respirations que vous prenez, mais par les moments qui vous coupent le souffle.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Maya Angelou.

Et puis il y a tous ces moments, depuis plus de trois ans, avec toi et tous les autres, furtifs, fugaces, hors du temps et qui me rappellent à moi et à la joie d’être vivant, maintenant et ensemble.

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Te dire que tu nous manques cruellement est un doux euphémisme …


XXIème semaine de fermeture …

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Bonjour, bonjour !

Nous nous sommes quitté·es en Hiver et nous nous retrouvons au Printemps ! Est-ce que tu te laisses chatouiller la joie par ce nouveau passage de saison ? Est-ce que tu sens pousser de terre toutes les belles aspirations, inspirations, respirations de vie neuve, renouvelée, cet espoir toujours ?

Oui ? Tant mieux !

Non ? Aaaaaaah la la ! Sors faire un tour ! Va coller ton museau aux embruns et profites-en pour faire un câlin à un arbre ! Tu vas voir, ça calme …

Ouh, en parlant de se calmer … est-ce que tu as lu, cette semaine passée, que l’on a frôlé une bonne grosse polémique (Victor – pardon, je suis obligé de la faire celle-là, oui, oui, à chaque fois) suite à l’annonce partielle et partiale dans la presse que le musée Carnavalet allait simplifier les cartels des œuvres en changeant les chiffres romains en chiffres arabes ?

C’est foufou ! T’imagines ? Louis 14 … ça sonne moins « Roi Soleil » que « Roi Éclaircie » ! Et Elizabeth 2 ? Hmmm ? Qu’est-ce que tu en penses ? Voilà qui a un petit côté « Elizabeth 2, Le Retour » ! Tatatatin ! Elle revient ! Et cette fois elle va sauver le Monde !

Tout ça avec la grosse voix testostéronée du monsieur qui annonce les films d’action. C’est vrai, je ne sais pas pourquoi mais, pour moi, « Elizabeth 2, Le Retour » eh bien, ça sonne film d’action … Bref ! Je digresse, je digresse …

Grèce ! (Voilà, voilà, voilà … ça … c’est fait ! celle-ci c’est cadeau !)

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Alors, finalement, tout va bien ! Comme le dit Noémie Giard, cheffe du service des publics au musée Carnavalet – Histoire de Paris : c’est en fait une infime partie des contenus qui sera modifiée. « Je confirme que tous les visiteurs qui viendront au musée Carnavalet au moment de la réouverture, pourront bien lire Louis XIV, XV, ou Henri IV en chiffres romains, sur tous les cartels et même pour les enfants, et c’est uniquement, sur 170 textes, sur un ensemble de 3 000 contenus, qui ont été produits pour le nouveau parcours dans le musée, que nous avons choisi d’appliquer cette mesure d’accessibilité universelle. C’est une recommandation européenne, pour une information facile à lire et à comprendre ».

Bon … ouf ! pour le moment.

Du coup, je me suis posé réellement la question de la visée de cette « recommandation européenne pour une information facile à lire et à comprendre ». Ça veut dire quoi « facile à lire et à comprendre » ?

Qui est la personne qui pratique l’audit de la langue pour séparer les mots, les expressions et les formes qui véhiculent facilement l’information ? Qui est la personne qui a eu l’idée de mettre en place cette scission des champs lexicaux de la langue ?

Tu commences à me connaître un peu, tu sais que j’aime la langue (non, ce n’est pas sale), les langages, même ceux du silence et du mouvement, tout ce qui permet à toutes et à tous de trouver le mot juste pour décrire sa réalité et ainsi exprimer son point de vue sur le Monde.

Alors en cherchant un peu, on tombe sur cette démarche qui a déjà son sigle : FALC. FAcile à Lire et à Comprendre. Cette initiative est portée par l’UNAPEI, mouvement associatif parental d’entrepreneurs militants dont le but est de garantir l’accessibilité à l’information pour les personnes en situation de handicaps entre autres cognitif.

Et voici que toute ma docte indignation fait pffffffrt … alors, je rappelle les chiens, je descends de mon grand cheval et de ma tour d’y-voir. Étais-je en train de fomenter un coup d’éclat contre une partie de l’humanité qui n’a pas le même accès que moi à la réalité comme elle est décrite dans les musées ?

Parce qu’il ne s’agit pas là d’une réforme totale de la langue mais juste de cartels devenant inclusifs, sur quelques-uns des parcours d’interprétation de la mémoire dans quelques musées.

Ça craint, hein ?

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Dans les pays anglophones, il existe une expression pour ça : ableism. On pourrait appeler ça capacitisme en Français, pour décrire cette chose du préjugé, conscient ou non, qui écarte du champ des possibles les personnes handicapables.

Je venais donc tout juste d’avoir une réaction capacitiste ! Une nouvelle belle opportunité de comprendre d’autres réalités que la mienne et de devenir un humain plus aimant encore !

La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Platon !

Alors, à défaut d’avoir exulté de rage contre des personnes qui ne le méritent pas et n’ont rien fait pour déclencher mon courroux, j’apprends le mot capacitisme et je décide, pour moi-même, ce que je vais en faire … je te donne un indice : pas de la confiture.

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Oh ! Tiens ! Tant que j’y pense, je te parle de confiture, ça me fait penser à miel et autres délicieusetés … il est fort probable que très bientôt ton lieu associatif Les Voyageurs entrouvre ses portes, celle du haut pour entrer, celle du bas pour sortir, ou inversement, on n’a rien décidé encore, pour te proposer tous les bons et beaux produits à emporter. Oui, oui. En plus du mardi pendant l’AMAP et du vendredi pendant le marché de Lanvéoc !

Ouvre l’œil et le bon, on te tiendra au courant dès que nous aurons un soupir de liberté conquise à partager avec toi !

En attendant ce joyeux moment, laisse-nous te couvrir de pensées tendres et aimantes avec une recommandation cependant : ne garde pas tout pour toi, partage, répands les grains d’Amour partout où tu iras !

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C’est le printemps ! Tout ça devrait pousser en un rien de temps ! Et c’est dans les bras des un·es et des autres que nous ferons la moisson … plus tard dans la saison.


C’est coton !

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Salut, salut ! Comment vas-tu ?

Bien ? Bof ? Emploi du temps surchargé ? Déconnexion avec le Monde engagée ? Printemps espéré ? Cœur apaisé ? Sourire effacé ? Joie renouvelée ?

Tu le devines aisément, cette semaine marque un anniversaire important, enfin, je ne voudrais surtout pas paraître localiste mais … n’empêche ! Ben oui … un an aujourd’hui lundi 15 mars !

Joyeux anniversaire l’équipe municipale de Lanvéoc !

Bougie

48h avant la fin du Monde tel qu’on le connaissait alors, si, si, souviens-toi, n’oublie pas, surtout ! 48h avant la fin du Monde, disais-je, l’équipe éclectique et dynamique, issue de la conjonction des deux listes en lice, rassemblée aux côtés de notre bonne maire à toutes et à tous Christine Lastennet a été choisie pour traverser la tempête.

Et avec quel talent ! Au moment où l’on désespère de voir un fou-monde devenir petit et oppressant, nous avons eu la chance de voir fleurir une foule d’initiatives citoyennes et unificatrices dans notre commune littorale, notre coin de carte postale.

Pour votre humilité, votre diligence et votre belle humanité, merci et bon anniversaire la Mairie !

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Ça me fait penser à souhaiter, aussi, un bon anniversaire à toutes celles et tous ceux qui œuvrent, depuis un an, individuellement et collectivement pour le bien commun.

On a toute latitude à ne voir que la désolation et la misère causées par effet de ruissellement ou par effet papillon de la propagation de tu-sais-quoi. En revanche, si l’on veut avoir un portrait plus juste, on peut aussi mettre en regard de toute cette souffrance et toute cette frustration l’incroyable poussée humaniste et assoiffée d’amour, de culture et de partage qui a eu lieu.

Si tu doutais d’être au cœur de la pensée qui, parce qu’elle fait bouger tes propres frontières, fait trembler les fondations d’un vieux monde mortifère et puéril, regarde ! Regarde et vois autour de toi !

Il y aura bien toujours les thésaurisateurs de possessions dans le paysage, mais il y a, de plus en plus souvent, un désir pour un avenir en commun, tourné vers l’humain tout en se rêvant en équilibre sur une meilleure connaissance et compréhension du monde naturel dont nous avons colonisé les ressources.

Nous sommes les Voyageuses et les Voyageurs de demain avec nos âges, nos savoirs, nos élans, nos amours, nos sourires, nos courages, nos cœurs et nos bras ouverts. Cette année nous aura conduit·es plus avant encore vers notre horizon serein.

Le Voyage joli est commencé, nous tenons le coup, nous tenons le cap et quand la traversée touchera à sa fin, nous célébrerons les premiers pieds à terre.

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Nulle place à la frayeur, nulle place au laisser-tomber. Si tu te sens patraque, accroche-toi au bastingage et respire profondément. Ça va passer.

Depuis des années, j’ai perdu l’habitude du désespoir.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Antonio Muñoz Molina.

Et puis, c’est pas maintenant que ça va commencer ! Tu nous es bien trop indispensable ! C’est de l’amour, ça aussi. Vivement nos retrouvailles, tiens !

En attendant, on te sourit d’ici dans notre coin privilégié de la Presqu’île et on te dit à lundi prochain pour une nouvelle dose de tendresse !

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Another day in Paradise …

Semaine FEMME(s)

Il y a dix bonnes années, en 2011 naissait le sept-milliardième Terrien, qui était en fait une Terrienne : La petite Danica, née à Manille, aux Philippines.

En dix ans et sur tous les continents, on assiste à une augmentation de la population masculine en termes de naissances.

Alors, uniquement en termes de naissances, hein, puisque l’espérance de vie reste toujours plus élevée dans cette moitié de l’humanité pour qui, aujourd’hui spécifiquement, on a créé une journée de visibilité et de réflexion sur les domaines qui restent à améliorer pour toutes nos adhérentes, mères, sœurs, filles, épouses, cousines, copines, amies, Guinies (clin d’œil appuyé), tantes, taties, mamies, grand-mères et ce, sans distinction …

Pfiou ! Que cette phrase était longue !

Vous avez remarqué qu’au sein des Voyageurs, ce n’est pas une seule journée qui nous implique dans ce sens-là. Non. Ça se produit hors-du-temps-compté, ça ne se marque pas dans un calendrier et ça relève plus clairement du réflexe humaniste que de la fête à la fleu-fleur … et qui dit humaniste, dit féministe !

Ben oui …

On ne va pas laisser la moitié de l’humanité sur le bord du chemin parce que ça ne fait pas bon genre !

Héhéhé : « bon genre », c’est drôle …

En tout cas, une chose est sûre, ça ne nous embête jamais de prendre la parole sur le sujet, même pour avoir les conversations difficiles, parce que, si tu réfléchis bien : il n’y a rien, absolument rien du tout, qui justifie une forme quelconque de suprématie d’une partie de l’humanité sur sa moitié.

Ben oui … on ne parle pas d’un groupuscule là. On parle bien de la moitié de l’humanité, de notre espèce, les sapiens. Et si tu te renseignes un tantinet tu vas entr’apercevoir l’étendue du truc !

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Dès que tu lèves le museau du guidon du quotidien et que tu commences à lire, entendre, écouter, voir jouer au théâtre ou au cinéma, des femmes qui te racontent des vies de femmes, tu oublies vite les arguments de vieux messieurs de l’Académie qui te prennent pour une cruche parce que tu ne comprends pas que, en français, notre belle langue de la déclaration des droits … ben tiens, pan ! de l’Homme (on a toute latitude à adopter la dénomination mondiale dorénavant qui est : droits humains), eh bien, le neutre est marqué par le masculin !

Ouh qu’ils m’agacent ces vieux messieurs …

*souffle*

*souffle*

Pas m’énerve, pas m’énerve …

Si on arrive à inventer le mot « déconfinement », je suis sûr qu’on peut faire un effort en incluant le féminin dans la conversation nationale. Et puis, d’abord, elles étaient là avant, alors, hein !

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Bref … aujourd’hui tu vas entendre partout des gens converser sur le sujet. Le sujet va même être polémique parfois ! Est-ce que tu te rends compte ? C’est comme si demain on avait des gens qui s’arc-bouteraient au rythme de « ouaiiiiiiiiiiis alors si on peut plus rien dire sur les cheveux raiiiiiiides ! C’est honteeeeeeeeeeeeux ! » … quid des chauves, je veux dire ?

Enfin bref … une journée, c’est vite expédié. Ça devrait aller. Et puis, rassure-toi, dans trois jours c’est la journée internationale des start-ups, de l’audition, du rein et de la plomberie … y’aurait à dire, hein !

Un jour de bon, un jour de mauvais, ça fait deux jours d’passés !

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est ma mère.

En tout cas, Madame, qui que tu sois, d’où que tu me lises, née ou devenue Femme, si tu as envie de discuter et de parler en toute sérénité, n’hésite jamais à pousser la porte du café associatif Les Voyageurs … il y a déjà, sur place, une tribu de femmes et d’hommes qui répondront toujours présentes pour t’accueillir, les bras ouverts et le regard franc. Avec simplicité. Avec douceur. Avec joie.

Quand on pourra ouvrir les portes à nouveau, bien entendu … d’ici là, par é-mile ou sur les réseaux sociaux, nous t’écoutons.

Même si tu es un homme ! C’est dire …

Allez, à lundi prochain pour une bulle hors-quotidien !


Jusque-ici tout va bien,

jusque-ici tout va bien,

jusque-ici tout va bien …

Silence

Bonjour toi ! Comment ça va ? Voilà un petit moment que je n’ai pas eu de tes nouvelles. J’espère que tu trouves ton chemin dans ce quotidien, ce grand dédale absurde, cette course d’obstacles invisibles, cours, saute, cours, saute, fais le mort, marche, cours, crève … saute !

Avec le clin d’œil que nous fait le printemps ces temps-ci, je me surprends à m’arrêter, souvent, peu importe où je me trouve ou ce que je suis en train de faire, et j’écoute. Quoi ? Rien … enfin, pas rien « rien », juste ça, là, qui scande la grande vie du dehors.

Je ne sais pas si je te l’ai déjà dit mais, par ma naissance et jusqu’à une récente huitaine d’année, j’ai toujours été un ultra-urbain. Né en centre-ville, vécu en centre-ville, en France ou ailleurs, toujours en centre-ville. J’ai toujours envisagé, nonobstant, mes incursions en milieu naturel comme des capsules indispensables à ma vie. Tu imagines aisément le bonheur que j’ai de vivre actuellement sur le littoral à Lanvéoc !

Si je te dis ceci, ce n’est pas pour qu’on cause de ma life mais plutôt pour te parler d’un phénomène avec lequel il m’a fallu faire la paix en arrivant dans notre coin de carte postale, loin du bourdonnement des néons colorés et des langues magiques et lointaines que l’on ne trouve que dans les foules citadines et bigarrées : je veux parler du silence.

Ce sont même des expériences angoissantes les quelques premières fois quand, dans la nuit, soudain … plus un bruit. Rien. Le fameux rien. Pas même un petit écho lointain de ressac ou de vent dans les branches. Rien.

Ça force à écouter ce qu’il se trame en dedans de soi, le silence. Ça demande d’apprivoiser les chansons, les comptines, les hurlements, les soupirs, les arias, les rires, les litanies et les homélies en soi (ah ! bon … si c’est en soi, alors ça doit être doux !).

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La chance de vivre si près de l’immense flaque qui pèse ici au bord d’un monde de routes et de chemins, c’est qu’il est plus aisé de mettre au diapason les symphonies intérieures avec la voix du Monde.

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Je ne parle pas des cacophonies qui nous « vilebrequinent » la tête et les os pour nous recroqueviller, subrepticement, à un état de molle soumission aux veules accès des chimères et des sans-amour.

Non.

Pas ces cris-là.

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Je te parle du vent comme une blague qui ne se moquerait de personne, de l’étale comme un désir de caresses à venir, des piaillements des piafs comme des conversations avec celles et ceux qu’on aime. On pourrait parler de 432 Hz, de communion spirite, d’éveil universel …

On pourrait aussi … se taire.

Par le langage, l’homme s’est fait le plus solitaire des êtres du monde, puisqu’il s’est exclu du silence.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Jean-Marie Gustave Le Clézio.

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Alors … essaye avec moi. Apprends à parler le silence. A raison de dix minutes par jour, tu peux devenir locuteur parfait de cette magie-là en très peu de temps.

De toutes les façons, quand on se retrouvera, ce sera avant tout avec les yeux, les bras et les corps que l’on se dansera le lien que nous n’avons pas laissé filé, encore aujourd’hui …


Loup, y es-tu ?

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Salut, salut ! Comment vas-tu ?

(Toujours une vraie question … n’hésite pas à nous donner de tes nouvelles !)

Est-ce que tu te souviens, quand tu étais enfant, les histoires que les grands te racontaient, celles qui faisaient peur ? Oui ? Est-ce que tu te souviens avec quelle jubilation et quelle agitation tu attendais le moment qui allait te faire te cacher la tête sous le drap, frissonner, bondir ? C’était rigolo d’avoir peur parce que c’était un jeu. Tu savais tout à fait que le loup n’allait pas sortir de la comptine pour te dévorer.

Shock

Et quand tu chantonnais, tu savais aussi que tu la convoquais, cette peur … promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas. Tu le dis toi-même, tu essaies bien de te convaincre : le loup n’y est pas ! Parce que, s’il y était, probablement il te mangerait ! Et pourtant tu l’appelles ! Oh ! Loup ! Y es-tu ? Pire, même … tu insistes, juste au cas où : m’entends-tu ? Et cerise sur le milk-shake, bravache, tu ajoutes : Que fais-tu ?

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Bon, au-delà de l’aspect totalement fantaisiste du truc, ben oui, déjà pour trouver un loup par les temps qui courent, c’est pas gagné mais en plus imaginer qu’en pleine civilisation, la pauvre bête allait se déplacer pour se cacher sous ton lit ou dans ton placard, attendre que tu t’endormes pour éventuellement sortir pour te dévorer au beau milieu de la nuit … bref, je disais, au-delà de l’aspect totalement fantaisiste du truc, est-ce que tu te souviens de ce rapport équivoque que tu entretenais avec ta peur ?

La-la-la, un, deux, trois, nous irons au bois, quatre, cinq, six, cueillir des cerises (pour le milk-shake, sans doute …), la-la-la, même pas peur … quand soudain …

cric …

crac …

« JE METS MES CHAUSSETTES » !

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Jamais chaussettes ne t’auront autant fait frissonner …

Tu te croyais en sécurité et paf ! V’là t’y pas qu’un loup se balade dans ta forêt ! Et en plus il parle. Flippant, résolument flippant ! Et pourtant tu continues ta promenade parce que bon, faut pas déconner, tu as quand même très-très-très besoin de ces fichues cerises des bois !

N’empêche. Du début à la fin, c’est toi qui fais tout le boulot : tu te fais peur, tu te rassures, tu te donnes du courage, tu te colles les miquettes à zéro, tu reprends la route … et même si tu as le trouillomètre au trente-sixième dessous, tu continues à avancer.

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Tu as beau essayer de chercher la-faute-à-qui, ben oui, tu peux toujours essayer de justifier ta peur par tous les moyens : quelle idée d’aller chercher des cerises en forêt, qui est le con qui a inventé le milk-shake, comment ça se fait qu’il y ait encore des loups ici et surtout, surtout … comment il a appris à parler !!! N’empêche. C’est TOI qui as peur.

Et comme le job unique de ton cerveau, ce merveilleux organe, est de créer de la vraisemblance pour te maintenir en vie et te conforter dans tes croyances, est-ce que tu imagines de quelle façon ta peur peut vite et facilement devenir maitresse de ta raison ?

Tu as beau dire ou faire, masquer ta peur pour la museler, mettre des distances infranchissables et imaginaires entre toi et ta peur, tu peux faire ce que tu veux, t’énerver, invectiver, il n’y a, au final que toi … et ta peur. Et cette espèce de méga-truite, elle ne t’évite même pas le danger.

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Peut-être parce que réellement, le seul danger, c’est elle : ta peur.

Ce dont vous avez le plus peur est la peur elle-même, c’est une preuve de sagesse.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est J. K. Rowling à travers le personnage de Rémus Lupin.

Cette semaine encore, mardi et vendredi, si tu n’as pas trop peur de venir jusqu’à ton café, on peut te mettre de côté une Poèm (IPA, blanche ou cuivrée), une Ginger, une Kerzu ou Aour Du, une Roc’h, une Bleunwenn, un cidre, un super bon jus de pommes ou une limonade Dour Pik Pik, un café, un thé, une tisane que tu pourras emporter, sept, huit, neuf, dans ton panier neuf.

Et puis n’oublie pas qu’en cas de frousse incontrôlable, tu peux toujours nous faire signe, on viendra regarder sous ton lit et dans ton placard avec toi et comme ça, tu n’auras plus peur parce que tu le sauras : tu n’es jamais seul·e, on est là, pas loin.


L’éternité, c’est l’espace

entre deux battements de cœur …

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J’aime écrire, j’aime t’écrire, j’aime lire, j’aime aussi te lire, j’aime entendre la pluie sur le toit, j’aime quand il fait assez froid pour avoir envie d’avoir chaud, j’aime dormir, j’aime me réveiller sans réveil, j’aime quand tu me parles, j’aime la poésie inébranlable du monde, j’aime la beauté qui ne crève pas les yeux, j’aime la tendresse, j’aime quand on la partage cette tendresse, j’aime aimer, j’aime rire de moi, j’aime rire avec toi, j’aime dire des sottises pour te faire sourire, j’aime la vie ici, j’aime un homme merveilleux, j’aime les ami·es extraordinaires qui m’accompagnent et me guident, j’aime la musique des soupirs, j’aime le bruit des cils le silence, j’aime chanter et danser, j’aime juste danser, j’aime juste chanter, j’aime me sentir libre d’être juste moi et que ça puisse être suffisant pour toi, j’aime être libre de t’aimer et d’être aimé comme je le désire, j’aime quand tu me manques parce que ça veut dire qu’on va se retrouver, j’aime bavarder, j’aime le toucher de la peau, j’aime nager, j’aime l’automne, j’aime être mélancolique, j’aime faire des farces, j’aime apprendre les choses qui me rendent plus humaniste, j’aime mettre ma tête sous les oreillers de temps en temps, j’aime imaginer de belles et folles histoires à raconter sur scène, j’aime faire de la mécanique, j’aime me maquiller avec presque autant de plaisir, j’aime fermer les yeux quand on se serre dans les bras, j’aime les parfums, j’aime cuisiner, j’aime quand c’est toi qui cuisines aussi, j’aime rêver, j’aime regarder les difficultés bien en face, j’aime quand on se réconcilie si l’on s’est fâché, j’aime livrer à l’oubli les gens qui m’ont blessé, j’aime l’odeur des vieux livres, j’aime les stylos plume, j’aime avoir les doigts tâchés d’encre, j’aime quand le pommier du jardin bourdonne au printemps, j’aime la lumière, j’aime la nuit, j’aime les chats, j’aime les animaux en général, j’aime avoir le temps, j’aime prendre le temps, j’aime l’odeur des cheveux après la plage en été, j’aime me souvenir des choses qui font battre le cœur plus vite, j’aime jouer, j’aime ne dire que la moitié des choses parce que ça laisse la place à ta voix aussi, j’aime ne pas te dire tout ce que j’aime, j’aime imaginer que tu vas me dire ou m’écrire ce que tu aimes, j’aime savoir que je ne suis pas éternel et j’aime quand on ne se ment pas.

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Mais je n’aime pas tout.

Car tout aimer, c’est n’aimer rien.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Christiane Taubira.

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Si tu aimes, on peut te mettre de côté une Poèm (IPA, blanche ou cuivrée), une Ginger, une Kerzu ou Aour Du, une Roc’h, une Bleunwenn, un cidre, un super bon jus de pommes ou une limonade Dour Pik Pik, un café, un thé, une tisane que tu pourras emporter depuis ton café en attendant le moment merveilleux où nous nous sauterons au museau pour la réouverture …

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Oh … j’allais oublier … On t’aime Toi … enfin … On s’aime, quoi !


Floconversations

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Bonjour, bonjour !

Comment s’est passée ta semaine ? Tu feras attention sur la route et sous le chandail cette semaine qui vient parce qu’il y a peut-être de la neige qui se pointe !

C’est rare ici, c’est une expérience à part entière …

Enfin, si les infos météorologiques s’avèrent justes. C’est difficile dans notre coin de carte postale d’avoir des prévisions justes. C’est la côte, quoi …

Je te parle de ça parce que, d’une, ici la météo est un vrai sujet de conversation et, de deux, c’est un sujet idéalement sans polémique ni avis à donner. Tu imagines : « la neige, moi, je suis contre ! » … ou même : « c’est inadmissible ces températures ! Ils en ont même parlé à la télé / sur les réseaux sociaux (rayez la mention ou les mentions inutiles) ! »

Hihihi ! Je me moque !

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C’est sans doute ton cas aussi mais il y a une chose à laquelle je tiens : compter parmi mes ami·es des gens très différents. Bon, c’est vrai que quand on est dans les métiers de la scène et du spectacle c’est plus aisé, on croise tout le monde, des princesses aux mendiants en passant par tout ce que l’humanité nous mets sous les yeux et le cœur. Et parfois même, quand on a de la chance, on trouve dans cette foule de gens bien, des ami·es.

J’ai senti monter un discours chez ceux qui, à l’inverse de moi, possèdent encore une télévision et même passent pas mal de leur temps devant ou à côté juste pour avoir le bruit de fond … l’opposition aux réseaux sociaux et à l’information sauvage, non apprivoisée, non décryptée, donc dangereuse.

Ça fait de belles conversations, crois-moi ! J’ai une tendance quasi-obsessionnelle à vérifier les informations qui me tombent sous les yeux. Je prends ce temps-là, à mon rythme, quand j’ai envie. Je le faisais déjà quand j’étais encore téléspectateur et lecteur de presse écrite, je n’ai pas perdu cette habitude. Ça relève pour moi de la santé mentale.

Je ne suis pas exempt de biais cognitif non-plus, hein, j’ai un fichu filtre-prisme qui me fait deviner dans chaque chose la teneur en humanisme et en émerveillement face au phénomène du vivant dans son ensemble. Du coup, j’ai du mal à percevoir certains enjeux qui ne font pas écho à ces sujets.

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Mais n’empêche, tu peux être agnostique, athée ou croyant·e, conduire un gros SUV, avoir la peau d’une autre couleur que la mienne ou de plein de couleurs d’ailleurs, te définir dans le genre que tu souhaites et en changer si ça te chante ou t’est nécessaire, tant que tu es prêt·e à la conversation on peut être ami·es (pas juste ami·es Fessebouc – pauv’bête, tiens – hein, ami·es dans la vraie vie) !

Même avec passion, on devrait toujours être capable de converser. Ça permet de ne pas se perdre de vue. Ça évite de laisser derrière soi des gens qu’on aime se faire happer par des idéologies matraquées sans vérification de véracité. Ça empêche aussi que les sinueuses insinuations se faufilent dans les discours …

Les allusions sont les lettres anonymes de la conversation.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Claire Élisabeth de Vergennes.

On devrait toujours savoir converser comme on parle de météo : avec légèreté, avec humour, avec la seule envie de garder encore un peu l’Autre en face de soi, près de soi.

En d’autre temps on pourrait même se retrouver autour d’une Poèm (IPA, blanche ou cuivrée), d’une Ginger, d’une Kerzu ou Aour Du, d’une Roc’h, d’une Bleunwenn, d’un cidre ou si tu préfères d’un super bon jus de pommes ou d’une limonade Dour Pik Pik … bon, c’est pas pareil, certes, mais tu peux toujours nous passer commande pour le mardi soir pendant l’AMAP.

Et vendredi pendant le marché, si tu es tenté·e, il y a encore du café, du thé, de la tisane, du vin chaud ou du jus de pommes chaud !

Tu nous manques, tu le sais, ça ? Reçois nos embrassades chaleureuses et une foultitude de câlins sauvages, fougueux et débridés avec les yeux qui rigolent et des grands bras autour !


Mettre les voiles …

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En 2017, au moment du solstice d’été, on ouvrait les portes du café associatif « Les Voyageurs » pour la première fois. Tu te souviens ? Il faisait super beau ce jour-là alors que la veille encore, le temps état terriblement incertain.

L’été qui a suivi a marqué le début de l’aventure que nous connaissons aujourd’hui … enfin, aujourd’hui, façon de parler, hein … tu vois ce que je veux dire !

Et puis, au tout début de l’automne, un observatoire spatial Hawaiien a détecté et identifié un objet étrange de 400 mètres de long pour 40 mètres de large qui venait d’entrer dans notre système solaire. Ce n’était pas un astéroïde puisqu’il n’y avait aucune trace à sa suite, ni eau, ni gaz, ni poussière et que sa surface reflétait de façon inhabituelle la lumière de notre étoile, le Soleil, mais aussi celle des autres …

Mystère, mystère !

Alors il lui a été donné le joli nom de Oumuamua (prononcer : ow’mouwémouwé) qui signifie l’éclaireur. L’objet n’est pas resté très longtemps dans notre secteur puisqu’il a accéléré de façon inexpliquée et surtout … surtout … il a changé de trajectoire !

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Un méga-ultra-super-chercheur-professeur de Harvard bardé de diplômes et d’honneurs, de reconnaissance et de projets, Abraham « Avi » Loeb, a déclaré alors qu’il s’agissait d’un premier signe tangible d’une vie extra-terrestre intelligente. Le 28 janvier dernier il a même proposé en sortie mondiale et traduite dans plusieurs langues un essai : « Le premier signe d’une vie intelligente extraterrestre ». Pour lui, il ne fait pas de doute que Oumuamua est une sorte de sonde munie d’une voile solaire. Il avertit même : « Si j’ai raison, c’est la plus grande découverte de l’histoire de l’humanité. »

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Est-ce que tu te rappelles la dernière fois que tu as levé les yeux au ciel, non pas pour soupirer de désespoir ou de tristesse, mais pour rêver à ce qu’il y a là-bas / là-haut ? Te souviens-tu de la dernière fois que tu as mis en perspective ton salon avec ta maison avec ta rue avec ton quartier avec ta commune avec ta région avec ton pays avec ton continent avec ta planète avec ton système solaire avec ta galaxie avec l’Univers, en sachant que la Voie Lactée est une galaxie mini-mini-rikiki-pouët dans une banlieue lointaine de géantes de notre cluster !

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Tu te rends compte de la chance que tu as de pouvoir imaginer ça ? Tu te rends compte que tu es un bout de toute une espèce qui est capable de rêver à ça ?

Quel vertige, hein ?

Et puis tu es en pleine capacité de savoir aussi que le chemin peut se faire dans l’autre sens, de l’immense Univers à toi … et de toi à nous, ça se termine souvent dans le cœur ces choses-là …

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C’est parce qu’ici ou là, dans un autre pays, pourvu que tu y sois, c’est toujours mon pays.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Barbara !

Alors on se retrouve la semaine prochaine et d’ici là, souviens-toi que de l’autre côté des nuages de ces jours-ci il y a l’immense Univers, et que de l’autre côté de tes yeux qui lisent ces lignes, il y a la magnifique personne que nous embrassons tendrement.


Attention intentions !

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Hé, merci hein … on est vraiment très heureux d’avoir de tes nouvelles !

C’est bien ce que l’on imaginait. Tu vas bien et moyen-moyen aussi parfois et pas du tout aussi quelquefois. Si seulement on pouvait mélanger tout ça, tout ça … ça équilibrerait drôlement bien l’affaire ! En fait, c’est ce qui se produit quand ton café est ouvert : on se rencontre et on répartit la charge du Monde-comme-il-va entre celles et ceux présents, du coup ce n’est jamais lourd.

Je ne te ferais pas l’affront de pronostiquer une date de prochaine réouverture, nous sommes toutes et tous dans le même wagon-lit/wagon-bétail … on ne sait pas. Il y a des rumeurs qui à chaque fois font reculer l’horizon de nos retrouvailles officielles mais ce ne sont rien d’autre que des rumeurs.

On ne sait toujours pas. C’est la nouvelle donne, un new deal, comme-y-disent outre-Atlantique. On ne sait pas mais on se maintient prêtes et prêts, dans les starting-blocks, le souffle calme, les muscles bandés, paré·e·s à la course de relais comme au triathlon, sur le point de bondir à l’horizontale en espérant que le prochain obstacle ne soit pas un mur sinon ça va piquer les museaux.

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Il y a donc encore et toujours cette chose vitale : l’espoir, l’ultime petite bête emprisonnée au cœur de la mythique jarre de celle qui avait reçu les dons de tous les dieux de l’Olympe, Pandore, littéralement « tous les dons ». Il ne suffit donc pas d’être doué·e de toutes les vertus pour être du bon côté du mythe, l’action joue un rôle prépondérant dans la fabrique des héros !

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Ça me fait penser, en faisant un petit pas de côté, à la lecture d’un entretien de Noam Chomsky, pour qui les hommes et femmes qui choisissent de gouverner ne devraient jamais, en aucun cas, être apprécié·es pour leur intentions mais appréhendé·es sur les actions qu’ils et elles ont mené. On peut ainsi arguer qu’un Tito ou un Mussolini pensaient bien faire et dans ce sens ils étaient donc, littéralement … bienveillants. Tu me suis ?

Laissons entre eux les monstres de l’Histoire s’entre-dévorer pour lutter au partage des mémoires pour arriver sur mon propos si tu le veux bien …

Souvent, tous les jours presque, quelqu’un de mes amis, ma famille, remonte à la surface de mon affection pour réclamer sa part de minutes, de messages, de coup de fil et à chaque fois je me dis « oh ! il faut que j’appelle ma mère ! » ou « ça fait longtemps que je n’ai pas donné ou reçu de nouvelles d’unetelle ou d’untel … » ou encore « fais-moi penser à répondre à … ».

Et à chacune et chacun, quand on se parle enfin, je dis cette chose-là, je l’avoue sans honte, je la proclame comme un badge d’honneur : « je pense à toi bien plus souvent que je ne le fais savoir ». Et c’est vrai ! Je suis, comme toi sans doute, d’une loyauté infinie vis-à-vis des gens que j’aime.

Alors, je ne me flagelle pas, hein ! Je sais à la fois que je suis un gars qui n’est pas doué pour la distance et je sais aussi que les journées ne comportent que 24h et que, même si c’est extraordinairement frustrant, ce n’est pas un domaine sur lequel je peux agir.

Mais n’empêche. Ça me questionne beaucoup cette chose des intentions au regard des actions. C’est qu’il serait dommage cependant de quitter « l’être » pour ne plus vivre que dans « le faire ». Il doit inéquivoquement exister un équilibre entre cette intention d’être et l’âge du faire et je suis persuadé que comme tout équilibre, il se joue à chaque pas, jusqu’au bout, peu importe la route …

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C’est pas les bonnes intentions qui pavent la route de l’enfer. C’est les bonnes raisons qu’on se donne.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est David Mitchell.

Alors, en regardant bien en dedans où je cueille des sourires, puis bien en dehors où je retrouve avec émotion tes yeux qui lisent par-dessus les miens, je passe à l’action pour te dire avec intention que l’on t’aime et que l’on t’embrasse et que l’on garde le regard pointé sur l’horizon joyeux, heureux et serein que nous nous sommes promis.

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Et ces regards, si tu le souhaites, nous pourrons nous les échanger vendredi prochain, en frontière du marché, puisque ton café entrouvre la porte pour proposer du vin chaud aux épices secrètes et du jus de pommes, merveilleux et assaisonné !


Comme-ci comme ça ?

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Salut Toi ! Ça va ?

Tu n’es pas dans l’obligation de me répondre oui par souci de ne pas m’embarrasser, m’embêter, m’encombrer.

Tu as toute latitude (et longitude, c’est pratique pour s’étirer) à me dire oui parce que c’est vrai, que presque tout va bien pour toi et que tu trouves encore le chemin du réveil avec sérénité et que tes pieds se posent et s’ancrent au Monde avec autant d’assurance que d’amour pour le jour qui vient …

Tu as aussi toute légitimité à me répondre que non, tout ne va pas bien et que tu t’inscris dans l’ombre du Monde et que de cet endroit-là, tu n’arrives à percevoir la limite mouvante de la course lumineuse des astres que par la frontière infranchissable qui te terrasse, te plaque et te mure.

Tu peux aussi faire semblant en attendant que les choses se tassent et que tu retrouves tout ce qui faisait de ton quotidien un trésor inimaginable au vu des restrictions et injonctions permanentes, culpabilisantes, infantilisantes auxquelles tu dois faire face aujourd’hui.

C’est valable pour l’époque que nous traversons, la période infinie dans laquelle nous avançons à tâtons. C’est valable pour n’importe quel moment de nos prochaines vies mêlées.

Nous avons toutes et tous notre façon de plonger sous la surface des heures, de nous engager dans l’épaisseur du temps, de préparer notre danse avec l’Hydre, cette fantastique bestiole qui d’abord nous broie les entrailles avant de s’attaquer à notre tête. Comme il serait bon d’avoir toujours le pas léger pour que ce voluptueux et dangereux pas-de-deux ne réveille jamais le monstre !

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C’est le seul moyen d’affronter la bête, je crois … en dansant … et en chantant aussi … et en contant, racontant, en écoutant, en s’émouvant, en riant, en rêvant. Comme toute bête, le mythique serpent létal ne saurait résister aux mélopées, aux ritournelles, aux stances ou aux cantilènes des pourfendeurs de peur.

Alors cette semaine à nouveau nous allons monter nos armures – c’est facile, c’est un sourire – aiguiser nos lances – c’est faisable, c’est un mot d’amour – lever le regard vers l’horizon – c’est jouable, il suffit de fermer les paupières et d’ouvrir le cœur – et avancer sur le chemin, en cueillant les mots les plus tendres sur le trajet qui nous mènera vers toi, bientôt.

Bientôt.

Le temps de déposer nos licols.

Entend, de dedans, cette semaine à nouveau, que le lien entre nous toutes et nous tous est tenu ténu ! A chaque extrémité on tisse et nos mains imaginaires se rencontrent et se serrent car, oui, le toucher est une information vitale à nos bien-être.

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Allez … Bisous-Câlins, hein ?

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Toucâlin le Bisounours !


Ré – mi – do – do – sol

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Quelle surprise, quelle joie !

Depuis un peu plus d’une semaine tu me donnes de tes nouvelles, tu es même nombreux à le faire ! C’est étrange d’écrire ça comme ça mais c’est exactement ce qu’il s’est passé : tu es nombreux.

Tu m’as écrit et j’ai lu, j’ai fait lire, nous avons partagé tes mots … merci. C’est bon, émouvant, drôle, touchant, galvanisant et intéressant de te lire en bout de miroir, en kaléidoscope de notre visage multiforme de Voyageuse et de Voyageur. C’est beau.

Je suis heureux de lire que tu vas bien, plus ou moins bien, mais que le lien entre nous n’est pas sectionné ! Tu nous sais proches ou en tout cas pas loin et dans les starting-blocks pour ouvrir à nouveau les portes de ton café et nos bras de tendresse.

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Avec toutes nos différences comme autant de beautés et de ponts à bâtir entre nous, je sens bien que nous nous ressemblons. Terriblement et imparfaitement humains. Et toujours cette soif de se retrouver en plus de retrouver toutes les bonnes boissons, les bons fauteuils et les chaises dépareillées, les rires qui ne se moquent pas et les sourires qui s’offrent volontiers à celle ou celui qui passe la porte pour la première fois. Résidents à l’année, revenants de saisons ou Voyageuse ou Voyageur nomade, nous nous ressemblons.

C’est doux et chaud, rassurant sur le genre humain et ça me remplit d’une joie sans partage à la morosité et l’anxiété ambiantes.

J’en suis absolument persuadé et convaincu, quel que soit notre vécu durant ces mois étranges, ce sont quand même les analystes et historiens du futur qui dans dix, vingt, cinquante ans raconteront le mieux ce que nous vivons aujourd’hui.

Il ne nous appartient pas de comprendre. Le mieux que nos puissions faire c’est nous souvenir. Nous souvenir de nos disparues, nos survivants, nos figures publiques qui auront alimenté l’espoir et la joie, si, si, il y en a, je t’assure, et ne pas oublier non plus celles et ceux qui auront eu la petite jouissance morbide de répandre la peur, l’inquiétude, la rumeur, la confusion …

Parce que c’est ensemble que tout cela se passe. C’est à nous tous et toutes que « ça » arrive. Alors on a le droit de lever la tête de l’humaine et mammifère petite cicatrice originelle en bas de nos bidous pour élargir le regard sur l’horizon parce que c’est ensemble que l’on s’y rend.

Il nous appartient indéniablement de réaliser que le chemin devant nous sera foulé par nous toutes et tous, alors … alors il nous échoit de continuer à avoir les conversations difficiles avec celles et ceux qui, à force de défricher leur route à coup de machette ont oublié qu’on pouvait aussi le faire en douceur, patiemment, sans force, avec plaisir. Comme c’est beau de découvrir, de se découvrir …

Et pour les plus chanceux d’entre nous qui avons réussi à créer pour nous-même un havre de sérénité et de paix, que ce soit à travers une situation financière confortable ou un état d’esprit inébranlablement joyeux, je dis : bravo ! joli travail !

Ensuite je nous demande aussi : n’est-il pas concevable que toutes et tous désirent cette même sérénité ? N’est-il pas humain de ne pas envie d’avoir faim ou froid ? Est-il inimaginable que nous puissions partager de notre temps, nos savoir-faire, nos savoir-être, ce que l’on possède, temporairement, puisque nous ne sommes pas éternels ?

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À quel moment celle et celui qui possèdent sont aptes à désigner, dans notre espèce faillible et magnifique, celles et ceux qui méritent de souffrir ou de jouir …

Rien ne nous trompe autant que notre jugement.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Leonardo Da Vinci.

Alors … avanti tutti ! vers l’horizon et ensemble … Hahahahahahahahahahaha ! Comme si on avait le choix !

Belle semaine à toi, joli bout de lundi, à très bientôt !

Tu nous manques, nous pensons à toi …


Le premier lundi du reste de l’année …

Flocon

Ça va comme tu veux ? Tu as déniché la joie et le bonheur dans ses cachettes ? Tu as distribué les sourires, les attentions douces et aimantes à celles et ceux que tu aimes ? Tu as vu à quel point il n’est pas compliqué de se faire plaisir en faisant plaisir !

C’est l’occasion, ce sont les fêtes de fin d’année, c’est la magie des cadeaux, plaisir d’offrir, joie de recevoir, en plus il y avait plein de promos, alors …

C’est amusant quand même que l’on soit habitué·e·s aux saisons des promos et que ce soit ça, juste ça, le prétexte à répandre de la gaieté et de l’affection, alors que, en vrai, y a-t-il une saison, une raison valable d’attendre ?

Nous allons passer plusieurs jours, officiellement jusqu’au 31 janvier, pourquoi le 31 d’ailleurs, personne ne le sait, sans doute parce que c’est plus pratique, plus pratique que quoi, je ne sais pas, N’Ouzon Ket, enfin BREF ! Nous allons passer plusieurs jours, disais-je, à nous souhaiter plein de belles et bonnes choses, le meilleur, la santé surtout et puis de l’argent aussi parce que même si l’argent ne fait pas le bonheur, il ne faut vendre ni la peau de l’ours, ni l’habit du moine des chandelles de la fière auberge !

Ça y est ! Il a buggé ! C’est le bug de l’an deux-mille, avec vingt et un ans de retard !

Robinson

Non, mais, je veux dire … et si l’on arrêtait d’attendre les occasions du commerce et du calendrier pour se couvrir de Présent ? Oui, oui, sans « s », je veux bien dire Le Présent, lui-même !

Existe-t-il autre chose ?

Enveloppons-nous de temps présent, chaque précieuse seconde, toutes les minutes suspendues et les profondes heures, faisons-y notre nid, notre oui, notre avant-tout, notre maintenant, notre tout-de-suite, notre préalable, notre base d’envol et notre vigie.

À trop regarder par-dessus ton épaule, tu ne pourras plus avancer sans risque de te cogner dans un poteau, de tomber dans un trou ou de percuter tes contemporains. Tu finirais même par ne plus bouger du tout, à scruter ainsi tes pas qui s’effacent.

Toujours, ils s’effacent.

À trop regarder par-dessus l’horizon, tu ne pourras plus avancer sans courir car l’horizon est une ligne de fuite, un marche-ou-crève-d’envie, un plan de bataille aux ailes des moulins. Dès lors ta vie n’est plus que désir inassouvi et inassouvissable ! C’est bien connu : plus le désir s’accroit, plus l’effet se recule … hihihi !

De même, si en chemin tu ne contemples que la verdure inégalable des champs et jardins d’à-côté, tu risques de ne pas te rendre compte que, en vrai, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, elle est juste arrosée et entretenue. Sur ton sentier, c’est toi qui prends soin de ton herbe, c’est de l’amour ça aussi …

Cet amour-ci, ce Présent, unique et subtil cadeau à soi et à l’Autre, c’est ça l’éternité des spirituelles invocations.

Peut-être.

Sois toi-même, tous les autres sont pris !

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Oscar Wilde.

Est-ce que, en ce moment de début de quelque chose, tu veux bien te livrer à un petit exercice avec moi ? Oui, moi aussi je vais le faire, avec toi. Trouve la première surface réfléchissante à proximité, miroir, regard d’un être aimé, rétroviseur de pelleteuse ou lac argenté, et regarde, jette un bon coup d’œil, enveloppe de tendresse ce reflet de toi.

T’as vu ? Il y a de la beauté, ici.

Miroir Magritte

En tout cas, nous, on la voit cette beauté.

C’est exactement comme ça que tu nous plais ! Et si personne ne te l’a encore dit aujourd’hui, tu es digne d’amour, d’attention et de tendresse. Toi qui lis : tu es aimé·e.

S’il y a des choses que tu n’aimes pas, là, alors arme-toi de patience et d’un bon arrosoir imaginaire et prends soin de ton sentier … l’herbe n’en sera que plus verte !


De « confiseries » à « Confucius » …

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Bonjour les Âmi·e·s !
 
Ça y est, hein … dernière ligne droite vers la suite des aventures. Bé voui, on passe à la suite, bientôt … plus que trois dodos et hop !
 
Hop ! Hop, hop !
Erm …
Euh … allez hop !
 
Hop quoi ?
Encore ces moments d’accélération et de vitesse, ces aliénations modernes qui abrutissent et assujettissent, vite ! vite ! vite ! vite quoi ? vite, la suite ! cours, cours, cours, ne ralentis pas, ne tombe pas en arrière ! allez hop ! et si par malheur, tu te prends la patte dans un piège, fais comme le renard ! ronge, coupe, sectionne … l’important c’est de courir, de rentrer avant 20h, de sceller les affects, d’augmenter les doutes et les suspicions, d’alimenter toutes les polémiques possibles pour que les bouches se mettent au diapason des jambes, cours, cours !
 
Ou pas.
 
Jamais je n’aurais imaginé passer autant de lundis à te parler, de cœur à cœur, en raison gardant, la plupart du temps … chaque semaine, je pense à toi qui va lire, là, face à nous, avec nous Voyageuses et Voyageurs, sans doute tu ne répondras pas, tu ne sauras pas comment dire, tu n’auras pas le temps, pas l’envie … mais de notre côté du monde, la voix qui m’est confiée, celle de notre aventure commune autour d’un petit café associatif d’un joli minuscule coin de planète, je dois la porter, haute, claire, forte et douce … fidèle, loyale. A toi. A nous.
 
Encore un lundi.
Encore un lundi où je ne referai pas les petites pancartes colorées et joyeuses qui annoncent toutes les réjouissances qui ont fait et feront à nouveau les meilleures heures de ton café citoyen, où je déniche la bonne nouvelle de la semaine, où je m’amuse à inventer la question de la semaine (pour les adhérents qui nous soutiennent). Non … pas tout à fait le moment. Bientôt mais pas encore.
 
Encore un lundi où, face à mon papier ou mon clavier, ça dépend, je me demande : et cette semaine, comment vas-tu faire pour leur dire qu’on les aime toutes et tous, qu’ils nous manquent, et quel stratagème tu vas mettre en œuvre pour les exhorter à toujours plus de gentillesse, d’attention, à soi, aux Autres, à l’autre.
 
C’est une drôle de sensation dans ce monde où tout s’accélère de plus en plus, que l’on choisisse ou pas de participer à la grande course mondiale (contre la montre ? contre le mur ?), d’être sur le sentier juste à côté de l’autoroute … t’as beau avoir les arbres, la mer, les gens qui, plus ou moins proches de toi, cueillent et cultivent pareillement fleurs et fruits d’un avenir désirable inaccessible au Vieux-Monde, eh bien, tu entends quand même le bruit des moteurs qui vrombissent leurs fumées derrière eux en fixant l’horizon-Monde-d’Après-Pire-qu’Avant comme limite à atteindre avant tout le monde, le plus vite possible, peu importe le nombre de hérissons écrasés sur la route !
Finish
 
Ne te méprends pas sur mon humeur. Comme chaque lundi, je suis heureux de te retrouver, là, à voix presque lue, chuchotée ? Je ne sais pas si tu me lis. Je ne sais pas comment tu le fais. Est-ce un moment parenthèse pour toi comme ça l’est pour moi ?
 
Cette semaine, j’étais inquiet de ne pas trouver les mots pour exprimer l’espoir que je désire insinuer dans tes neurones … j’ai même dit : « aidez-moi ! je ne sais pas comment leur dire … ».
 
Alors, en famille, en douceur, on a ouvert des papillotes et paf, épiphanie (au sens premier du terme, épiphanie, du grec ancien ἐπιφάνεια, epiphaneia, « manifestation, apparition soudaine », la compréhension soudaine de l’essence ou de la signification de quelque chose) ! Le message qui vient clore cette drôle d’année …
 
Je ne cherche pas à connaitre les réponses, je cherche à comprendre les questions.
 
C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Confucius.
 
Bonne dernière ligne droite vers 2021.
Reçois notre tendresse. Accueille ces virtuelles embrassades.
 
Bientôt c’est avec la bénédiction de nos ploutocrates gouvernants que nous aurons à nouveau « le droit » de nous toucher. Prépare-toi 2021 ! Tu vas être l’année des câlins libérés, débridés !
A l’année prochaine !
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Dérèglement de Contes de Noël !

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Nous y sommes, ça y est !

A partir d’aujourd’hui la lumière revient et un phénomène extraordinaire va se produire ! Je vais te raconter cette belle histoire …

Nous voici en équilibre sur le solstice d’hiver et si tu lis ces lignes, c’est que tu as traversé les ténèbres qui mangent le monde et que tu en es sorti·e vainqueur et vainqu … vainqueresse ? vainqueuse ? vainquatrice ? C’est pénible tout de même qu’il n’existe pas encore de mot pour parler des femmes victorieuses !

‘Fin bref … c’est pas le sujet aujourd’hui … même si c’est quand même pour venger sa mère, Gaïa, que Cronos émascule son père. A la fin, c’est quand même Gaïa qui vainc … ‘fin presque. Quand Cronos dévore ses enfants – qu’il a eu avec sa sœur, quand même – pour ne pas subir le sort que lui-même a infligé à son père, il loupe le petit dernier de la fratrie, Zeus. Rhéa, mère et tata de Zeus l’avait planqué dans une grotte pour qu’il échappe à Cronos. Du coup, elle a été becquetée par Cronos aussi et hop ! Direction les entrailles de la terre. Zeus la libérera ainsi que ses frères et sœurs en dézinguant papa Cronos …

Chat

On a l’impression que je me suis égaré, là, hein ?

Eh bien pas tant que ça ! Tu connais les petits noms que l’on donne aussi à Cronos et Zeus ? C’est Saturne pour Cronos et Jupiter pour Zeus … oui, uniquement pour Zeus … on ne va pas ouvrir le dossier de celui qui insulte le nom divin en se prenant pour le chef de la nation quand il n’est pas capable lui-même de montrer l’exemple … nan, pas lui, l’ersatz de Grand Schtroumpf qui se retrouve à endosser le costume d’Atchoum parce qu’il a été un vilain petit garçon !

Nan …

Pas lui … pensées positives et back to the loving place !

Si je te raconte cette histoire à tiroir avec Saturne/Cronos et Jupiter/Zeus, c’est que le duel père-fils va de nouveau avoir lieu au moment où nous saluons le retour de la lumière ! Ce soir, lundi, à partir de 18h et quelques poussières d’étoiles, et ce pour quelques jours, en guettant l’horizon en direction du sud-ouest, on pourra assister à la rencontre divine ! La dernière fois c’était il y a huit cents ans …

C’est même cette incroyable conjonction qui, dans les antiques récits, aurait guidé un trio de Rois férus de ciels nocturnes et d’astrologie, jusqu’à Bethlehem. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour renommer l’événement qui, vu d’ici, en à-plat gommant la distance titanesque qui sépare les deux planètes, devient une superposition de deux brillances, deux lumières projetées dans l’infini glacial et insondable du ciel, une histoire de père et fils, déjà. L’alignement rarissime des deux planètes géantes devenait alors « l’Etoile de Bethlehem » puis, pour désacraliser le tout, « l’Etoile de Noël » …

Bé oui. Cette semaine, c’est Noël que l’on célèbre.

Alors que tu sois chrétien·ne, athée, polythéiste ou adepte de la très sainte chapelle du consumérisme, c’est le moment de l’année où tu peux te laisser aller à tes penchants joyeux, heureux, aimants, tendres et conciliants. Les occasions n’ont pas été nombreuses cette année de se chouchouter les un·es les autres.

Alors vas-y ! Lâche-toi ! Sois gentil·le sans raison apparente ! Parle gentiment aux gens que tu croises ! Tu vas voir, ça change la vie ! Et le truc vraiment chouette, c’est que ça ne change pas que ta vie mais aussi celle de tous les gens que tu vas englober dans cet exercice de gentillesse.

Va savoir … ça peut même devenir une manie et venir se nicher dans ton quotidien et celui des autres qui ont la chance de te côtoyer !

T’imagines ? ça serait drôlement chouette, hein ? Il faut juste le pratiquer de façon assidue !

L’amour, aussi bien que le feu, ne peut subsister sans un mouvement continuel, et il cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est François de la Rochefoucauld !

Passe un bien joli Noël si tu le souhaites et on se retrouve la semaine prochaine pour notre dernière Niouzelettre de l’année … Fin 2020 … enfin ! Tous vainqueurs ! Toutes vainqu …

Oh ! Et merde, tiens !

ReVm


Pourquoi l’on s’assied ?

Rideaux

J’ai le souvenir encore vivant d’un des « maîtres » russes qui m’a éduqué au théâtre et qui me demandait : « почему мы сидим ? » dans la langue de Tchekhov …

Comme je suis plutôt un gars sympa – quand on prend le temps de me connaître – je vais te faire la traduction : « Pourquoi l’on s’assied ? ».

Et ma jeune caboche qui mouline et s’amuse :

– Parce que l’on est fatigué ?

– Ниет (alors, ça, ça se dit « niet » et ça veut dire « non »)

– Parce que l’on a un caillou dans la chaussure ?

– Ниет !

– Pour se mettre à table ?

– Ниет !

– Pour changer de perspective sur le monde ?

– Ниет !

– Parce que la chaise est libre ?

– Ниет !

– … (ceci est un silence bien trop long)

– почему мы сидим ?

– Я не знаю … (ça, ça se dit « ya nié znayou » et ça veut dire « je ne sais pas », en breton on dit « N’Ouzon Ket »)

– мы сидим потому что мы встанем!

Et voilà … j’avais cherché longtemps et trop loin. La réponse, comme souvent, était plus simple que ce que je pensais. Et soudain j’apprenais et je comprenais : On s’assoit parce que l’on va se relever.

Il a même ajouté que dans la vie on ne s’arrête qu’une seule fois. Une. Seule. Fois.

Ça fait partie des enseignements qui me suivent au quotidien et qui se reflètent dans notre façon d’être des Voyageuses, des Voyageurs, nous, toi, moi …

Nous sommes, comme tant d’autres, dans le wagon des non essentiels. Nous l’avons bien cherché aussi, à construire notre modèle en local, en commun, avec notre temps, nos désirs et un investissement affectif bien avant qu’un investissement financier.

Alors forcément, comme nous ne participons pas à la grande farandole masquée du vieux Monde des modèles économiques considérés viables, préambule incontournable à la moindre action citoyenne, ce vieux Monde qui exige qu’on lèche la main qui vient de nous frapper, de la même façon, nous ne prenons pas part au grand marché des doléances.

Nous ne cédons pas à la tristesse parce que ce serait du désespoir.

Nous ne cédons pas à la colère parce que ce serait de la rage.

Non … nous nous asseyons et nous savons que le moment viendra quand nous nous lèverons à nouveau.

  

Et pendant ce temps-là, nous continuons à épancher sur les terres arides et stupéfaites par ce quotidien absurde, nos rêves de solidarité et d’entraide à grand renforts de sourires, de tendresses, de soutien … de gentillesse, parce que c’est carrément sexy la gentillesse.

Parfois, au vu des rassemblements et des manifestations qui se déroulent un peu partout, l’on nous demande : « Mais où êtes-vous ? »

« Les Voyageurs » sont à Lanvéoc et ailleurs, à la même place qu’aux balbutiements de ce lieu d’échanges et de partage. Nous sommes auprès de ceux qui ont besoin de nous. Nous sommes à la table des réflexions pour faire face aux soubresauts de ce vieux Monde qui, blessé, blesse. Nous sommes dans la même action lente et sûre, invisible tant elle est minutieuse, depuis trois ans et demi.

Nous sommes plusieurs dizaines de citoyens qui, sans le savoir, en cultivant seulement nos savoir-être, contribuons à préparer le terrain où poussent déjà les fruits que le vieux Monde ne peut goûter.

Et ça, c’est possible ensemble.

Alors oui, les théâtres sont fermés et c’est rageant. Oui, ton café ne peut pas encore rouvrir ses portes et c’est frustrant.

Oui …

Théâtre

Bon, même si « La Consigne » sera ouverte de mardi à samedi pour venir dénicher quelques beaux objets à offrir en cadeau. Et aussi, comme les semaines passées, si tu as une petite soif demain, pendant qu’on assure la continuité de l’AMAP, on peut toujours te proposer une bouteille des bonnes bières qu’on trouve au café ou, si tu veux autre chose que de la bière, il y a aussi du cidre et de la limonade Dour Pik Pik. Et si tu veux de la belle et bonne lecture, tu sais que tu peux retrouver ton mensuel préféré AMZER en ligne et attention … sur son nouveau site tout joli tout beau : http://www.amzer.bzh/ !

Mais nous ne sommes pas à l’arrêt.

Non.

Nous ne sommes pas à l’arrêt et crois-moi, dès la réouverture de ton café associatif local et préféré, nous serons toutes et tous présent·e·s, bien campé·e·s sur nos convictions volontairement humanistes.

Debout.

Pourquoi l’on s’assied ? Parce que l’on va se relever.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Gennadi Bogdanov du GITIS de Moscou.

Et puis, debout, c’est une position bien pratique pour te prendre dans nos bras et t’embrasser jusqu’au sourire des yeux !


Liste de Noël

Lights

Cette semaine trois femmes ont laissé une empreinte dans mon quotidien. Un premier trait, court, vif, coupant et triste : le basculement d’Anne Sylvestre vers le souvenir. Ensuite une courbe, comme la paume d’une main qui formerait un berceau : la reprise à voix nue et claire d’une « mélodie du bonheur » (un film que j’avoue ne pas avoir encore vu) par l’extraordinaire Liv Monaghan. Enfin un zig-zag serré, un feuilleté de lignes liées : la relecture dans un coin de regard des « Notes de Chevet » de Sei Shōnagon …

Alors, pour la beauté d’une plume envolée dans le souffle d’une mélodie joyeuse et intime …

Il faudrait toujours voir, même les yeux fermés,

L’horizon qui se couche dans un ciel flamboyant,

Le sourire d’une bouche, un regard confiant,

Le temps qu’il reste à boire, en compagnie aimée.

Pareillement, sentir la première mandarine,

Comme celle que l’on trouvait dans les chaussons d’avant,

Qui à elle seule marquait l’époque de l’Avent,

Un parfum du plaisir qui monte aux narines.

Mais aussi écouter et parfois même entendre,

Les syllabes chuchotées au creux des pavillons

Les musiques échappées du saphir, du sillon,

Les battements secrets d’un cœur qui devient tendre.

Te souviens-tu du goût de la neige sur la langue,

Des baisers embrasés des passions amoureuses,

Les délices enchantées des collations heureuses,

Savourer jusqu’au bout le joyau dans la gangue !

Et toujours accoster aux caresses du vent,

L’épaule qui dépasse dans le matin qui vient,

Un courant d’air qui passe, s’en va et puis revient,

Le drap est remonté, l’on sourit en rêvant.

Et surtout pardonner ces vers de mirliton

A celui que les trace, bataillant à la rime

Seul’ment pour qu’elle embrasse la tendresse qui l’anime.

A tous n’est pas donné d’écrire une chanson …

5Sens


Bienvenu·e·s en Mis-Kerzu !

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A petits pas, silencieusement sur la pointe des oreilles, nous voici arrivé·e·s en décembre et ainsi nous préparons nos invocations aux bonheurs à venir et nos souhaits de sérénité.

C’est le Mois-Très-Noir dans la langue de Gradlon.

C’est le moment de l’année quand la lumière ne vient plus couvrir qu’une toute petite portion des jours et cette année particulièrement, c’est aussi le moment où les nouvelles du Monde-comme-il-va deviennent de plus en plus sombres sous le clinquant des incitations à acheter du bonheur aux vitrines chatoyantes et à accrocher (ouh ! hiatus !) des lumières scintillantes d’électroniques montages … détournez le regard et laissez-vous aveugler, s’il vous plait … enfin, s’il vous plait … en sommes-nous encore là ?

Faut bien créer le contraste !

Mais la magie de ce Mois-Très-Noir opère de façon un tantinet plus subtile pour peu que l’on veuille bien prendre les trois minutes nécessaires à observer ce qui va devenir une inspiration.

Inéluctablement, inévitablement, heureusement, la lumière revient dès le franchissement du seuil du solstice. Depuis l’aube de l’humanité, les espoirs de notre espèce renaissent à cet instant-ci. C’est que la lueur retourne se loger dans les pupilles et réchauffe l’envie de se mettre en mouvement.

Mais avant tout ça, il y a cette longue nuit qui s’étend.

Et si cette nuit-là n’était qu’une douce couverture sur laquelle partir en voyage et sous laquelle se blottir pour regarder la voûte épinglée de héros, les étoiles, les étincelantes étendues d’émerveillement.

Il n’est pas obligatoire de s’étourdir. L’immobilité est une autre danse. Il est bon aussi de regarder cette ombre sombre posée sur le Monde. Il sera utile de savoir la dissocier des vérités préfabriquées.

Il y a l’ombre et il y a la nuit. Même si parfois elles se superposent, ce ne sont que deux cousines qui, certainement, ne s’entendent pas si bien que ça …

Nul besoin d’avoir peur de la nuit. C’est une amitié particulière, un espace de lente et délicieuse concorde.

Et si souvent l’ombre est géante et semble incommensurable, c’est surtout parce que la lumière est juste derrière et qu’elle trace un chemin sûr et plein.

Alors, Voyageuse, Voyageur, on lève les yeux ? On accueille la nuit ? On se préserve des ombres ? On quitte la caverne où elles dansent ? Ensemble on gravit les quelques marches qui nous séparent encore de l’extérieur et de la lumière, fût-elle éparpillée en milliards d’étoiles sur la nocturne palette du ciel ?

Au moins on sera ensemble et même s’il fait frais, on se sourira des yeux !

Bien entendu on se croisera avant. Comme les semaines passées, si tu as une petite soif demain, pendant qu’on assure la continuité de l’AMAP, on peut toujours te proposer une bouteille des bonnes bières qu’on trouve au café :

– De la Kerzu
– De la Ginger,
– De la Bleunwenn,
– De la Roc’h
– De l’Aour Du
– De la Terenez d’Hiver,
– De la Poèm (IPA, blanche, cuivrée, rooibos)
Ou, si tu veux autre chose que de la bière, il y a aussi du cidre et de la limonade Dour Pik Pik (en 33cl ou 75cl).

Et surtout, ensemble, on parlera, on se racontera des choses, on établira pour nous ce qui nous est juste et vrai … on a le droit de se tromper, il ne faut juste pas que tout ce qu’on vit devienne une norme à l’aune de laquelle ajuster tous nos comportements …

La Vérité ajustée aux erreurs, voilà le péril …

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Victor Hugo !

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Un bon paquet de câlins avec ton nom dessus t’attend entre nos bras …

Au moins virtuellement, déjà, sers-toi !

Il y en a encore plein d’où ça vient !


Hep ! Ataraxie !

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De Démocrite à Epicure en passant par les sceptiques et les stoïciens, nombreux sont celles et ceux qui apparentent le bonheur à une sûre ataraxie, littéralement, une absence de trouble. Un état de semi-béatitude, sans problème, sans sursaut de l’électroencéphalogramme …

Le bonheur comme dans le « Brazil » de Terry Gilliam, en fait.

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip.

On ne le dirait pas du tout comme ça, avec son petit nom qui croche la langue, mais c’est une notion qui est d’une effrayante contemporanéité si l’on observe le mouvement du monde et des nouvelles qui flashent comme des pubs !

La recherche « quoiqu’il en coûte » de l’absence de trouble. L’injonction verticale est omniprésente et il appartient à chaque citoyen·ne responsable de faire passer la notion sous peine d’être estampillé·e ennemi·e de la nation.

C’est pratique. Chacun·e est chargée de sa propre censure, de sa propre propension à s’aligner avec l’ataraxie idéale, souhaitée, désirable. La proposition est d’une efficacité redoutable.

D’un côté, elle permet de désigner des coupables, d’infâmes fauteur·se·s de trouble et autres empêcheur·se·s de pantoufler en rond. Et le récit national fournit des exemples dans le cas où l’on manquerait d’imagination pour désigner celles ou ceux, celle et celui de qui tout cela est la faute. On connaît la rengaine des « c’est la faute des anti- … » (insérez ici celui que vous voulez).

Ah la la ! Quels emmerdeur·se·s !

Bon … sauf quand c’est soi-même ou les proches, hein … là, on explore volontiers les contrées absurdes de la tolérance, le « j’ai rien contre », le « oui, mais moi, tu vois … », le « oh ! ça va ! je suis tolérant·e ! ». Je ne sais pas si dans les arcanes des Cieux ou des Enfers il y a des bons points décernés aux gens qui « tolèrent » mais une chose est sûre, c’est que, comme l’écrivait Paul Claudel : « La tolérance ? Il y a des maisons pour ça ! » …

Pourquoi avoir nécessairement un avis sur un sujet qui ne te concerne en rien ? Il est quelquefois plus simple de pratiquer l’épochè, l’absence de jugement. Il suffit d’accepter ce que tu ne peux pas contrôler. Observer. Ecouter. Prendre un pas de côté en même temps que du recul, t’énerve pas c’est une valse … C’est mauvais pour l’ataraxie, certes, mais ça abonde d’humanisme.

Bon, et puis d’un autre côté, cette incitation à l’auto-censure permet à celles et ceux pour qui l’ataraxie n’est pas un but désirable, soit par philosophie personnelle, soit parce qu’acculé·e·s à une réalité mortifère et angoissante quant à l’impossibilité de se projeter vers un futur serein, de faire valoir une spécificité, un combat personnel, une situation particulière, un cas concret. On retrouve irrémé-« diablement » le « oui, mais moi, tu vois … ».

Comme si la particularité était le seul argument valable pour briser l’imposition de l’auto-censure au nom de l’ataraxie ! Les revendications sont valides, bien entendu, mais … où sont les idéaux ? Quelle en est la fabrique maintenant ? Les récits à notre disposition ont, depuis peu, quitté la sphère de la pensée pour se jeter dans l’ère du consommable. Je dépense donc je suis …

Je sais … Ventre Affamé n’a pas d’Oreilles.

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Et si l’on retrouvait l’appétit pour les causes humanistes ? Il est possible de laisser à la mode et au bruit des foules le soin de diluer les propos prémâchés par des télé-guides sur la sociale toile. Il est possible de confier aux législateur·rice·s le soin de border les situations critiques qui apportent péril à nos libertés et notre Liberté. Il est possible de retrouver cet appétit pour le « penser avant d’agir ».

En parlant d’appétit, si tu as une petite soif demain, pendant qu’on assure la continuité de l’AMAP, on peut toujours te proposer une bouteille des bonnes bières qu’on trouve au café :

– De la Kerzu

– De la Ginger,

– De la Bleunwenn,

– De la Roc’h

– De l’Aour Du

– De la Terenez d’Hiver,

– De la Poèm (IPA, blanche, cuivrée, rooibos)

Ou, si tu veux autre chose que de la bière, il y a aussi du cidre et de la limonade Dour Pik Pik (en 33cl ou 75cl).

N’empêche, ça aurait de la gueule si nos rassemblements publics, nos manifestations, se faisaient autour de slogans libertaires. Ça signifierait aussi que les injustices et les frustrations particulières se fondraient dans un courant alimenté par une pensée joyeuse et farouche, un tendre combat contre les préliminaires d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom …

Et si d’ici là tu as envie de tolérer ces propos, je te confierais :

Je n’accepte pas qu’on me tolère. Cela blesse mon amour de l’amour et de la liberté.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Jean Cocteau !

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D’ici à ce que nous nous retrouvions en vrai et en chaud, nous te prenons dans nos grands bras virtuels pour t’entourer de sourires.


Bienvenu·e·s dans notre « Entre »

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Une des choses qui nous rassemble – et ressemble – au café, ce sont les souvenirs et les désirs de voyages. C’est même parfois juste parce que l’on s’appelle « Les Voyageurs » que des visiteurs ont poussé la curiosité et la porte.

Aux Voyageurs, nos voyages sont multiples et ils englobent, dans un même élan, les aventures immobiles et singulières des voyages vers soi et les courses frénétiques à la surface des mondes à explorer …

Peu importe le voyage, les étapes qui l’inventent ou le réalisent sont souvent les mêmes.

D’abord, on rêve de ce voyage, on le désire, on l’imagine. Et puis arrive le moment quand on le prépare et il y a des bagages que l’on remplit, souvent trop, même si on apprend avec le temps à partir plus léger. Immobiles ou en mouvement, on part avec des bagages. Voilà ! Tout ça appartient au territoire du départ, de la provenance, de l’ici où on se trouve.

Il y a aussi, bien entendu, l’arrivée, la destination, le là-bas où l’on se rend. C’est un temps limité dont on sait que l’on reviendra, transformé·e sans doute, enrichi de nouvelles couleurs, de nouveaux parfums, des langues des mondes de la surface du globe ou des chuchotis intimes des rêveries méditatives. Avant le retour, le revenir.

Carlos Gardel chantait les mots d’Alfredo le Pera et tant d’autres après lui : « Volver con la frente marchita, Las nieves del tiempo, platearon mi sien. Sentir que es un soplo la vida, Que veinte años no es nada que febril la mirada, errante en las sombras, Te busca y te nombra. Vivir con el alma aferrada a un dulce recuerdo que lloro otra vez »*

Enfin, surtout … il y a le trajet. Celui de l’aller, celui du retour.

Entre.

C’est là, le voyage, en fait. « Entre ». C’est le lien, l’invitation à se rapprocher, d’un côté, de l’autre : je t’en prie, entre. C’est le temps qui s’étire en pointillant son regard sur des horizons plus ou moins connus. C’est l’espace entre deux battements de cœur, aussi, cette douce et discrète affection qui nous relie à notre espèce et aux autres et au tout.

Nul besoin d’être très spirituel pour le reconnaitre ce lien. C’est juste de l’amour. Et l’amour c’est pas grave. C’est essentiel, seulement.

Aller vers, revenir de, ces danses légères ou marquées aux chemins des marcheurs du jour, n’est sans doute rien d’autre qu’un acte d’amour.

Mais alors ?

Du coup ?

Ce temps qui s’étire « entre » nous … de quoi est-il fait sinon du désir de nous reblottir à nouveau, bientôt ?

On pourra toujours se recroiser mardi, pour l’AMAP, comme toujours … demande et on te met de côté une bouteille des bonnes bières qu’on trouve au café :

– De la Kerzu

– De la Ginger,

– De la Bleunwenn,

– De la Roc’h

– De l’Aour Du

– De la Terenez d’Hiver,

– De la Poèm (IPA, blanche, cuivrée, rooibos)

Ou, si tu veux autre chose que de la bière, il y a aussi du cidre et de la limonade Dour Pik Pik (en 33cl ou 75cl).

Et c’est de cette façon que je retourne dans mon « entre » où je t’attends avec la joie frétillante de savoir qu’un jour prochain, nous nous retrouverons, pas tout à fait comme nous nous sommes quittés puisqu’entre temps, il y aura eu un voyage « entre », comme un chemin dans la forêt ou sur la côte ou dans la neige où l’on laisse des traces … légères, légères !

Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est René Char !

Et en parlant de traces, d’ailleurs, tu sais que tu peux toujours participer au jeu « J’investis dans la Nature » (clic : https://youtu.be/qrao-8-1Au4 – mode opératoire dans le descriptif de la vidéo) mais aussi en participant à répandre des sourires avec N’Ouzon Ket et #danstaboite (clic : https://nouzonket.wordpress.com/2020/11/16/danstaboite/)

Chacun·e d’entre nous t’embrasse et pense à toi.

A bientôt !

*(Revenir avec le front fané, les neiges du temps ont argenté ma tempe. Sentir que la vie est un souffle, que vingt ans, ce n’est rien que le regard fébrile, errant parmi les ombres, qui te cherche et te nomme. Vivre avec l’âme agrippée à un doux souvenir que je pleure à nouveau.)


Inspire …

Expire …
Inspiiiiiiiiiire …

Expiiiiiiiiiiiiiire …

Respire
En douceur et en rythme, laisse circuler l’air et la légèreté en toi …
Tout ça pourrait être une intro au petit précis de santé mentale en temps de pandémie. On y trouverait aussi des appels à éteindre les écrans, les incitations à ne plus se cacher derrière les futiles « mais je n’ai pas le choix » …
Ah ben si … pose-toi deux heures en face à face avec l’affirmation négative : « mais je n’ai pas le choix » et réalise la futilité de l’exercice et de la phrase … ça pique un peu mais ça dérouille les intimes envols de liberté à conquérir …
Les exhortations à ne pas, surtout surtout surtout pas chercher de « sens » à ce qui se passe dans le monde … on le devine, le sens de la vie est une direction, la même pour tout ce qui vit et meurt, il n’y a vraiment que ce qu’on fait de ce temps-là qui existe vraiment …
Se noyer dans des constats contradictoires et approximatifs, surtout dans notre humble coin de carte postale, « pourquoi on peut s’entasser dans les métros et pas se balader sur la plage ? », tout ça, tout ça, ces questions légitimes et sans réponse ne servent qu’un seul propos : remplir nos jolies têtes de bruit des foules marchant au pas silencieux des pantoufles capitonnées … entre la chambre et le salon, le salon et la cuisine, la cuisine et la chambre … dehors, c’est une autre course qui se joue …
Et voilà que je pontifie sur l’indicible !
Bon … je le fais avec un immense sourire et avec les yeux plissés de joie … vas-y essaie … t’as vu comme c’est rigolo, ça détend le visage en plus !
Aaaaaaaaaaah la la …
Si je le pouvais, je t’enverrais bien quelques câlins bien concrets en travers de la poitrine et on se sourirait en fermant les yeux.
Vivement la libération, hein ?
(ou avant et ailleurs … j’dis ça, j’dis rien …)
Hein ? quoi ?
Oh … au fait …
Comme mardi dernier, ton café servira de dépôt AMAP mardi sans être le dépôt à popotin et papote habituel, tu pourras toujours commander une bouteille des bonnes bières qu’on trouve au café :
– De la Kerzu
– De la Ginger,
– De la Bleunwenn,
– De la Roc’h
– De l’Aour Du
– De la Terenez d’Hiver,
– De la Poèm (IPA, blanche, cuivrée, rooibos)
Ou, si tu veux autre chose que de la bière, il y a aussi du cidre et de la limonade Dour Pik Pik (en 33cl ou 75cl) !
Oh, et puis aussi, pendant l’automne confiné 2020, tu peux participer au jeu rigolo …
J’INVESTIS DANS LA NATURE
Le principe est tout simple :
– tu te balades,
– tu trouves une plante, un champignon, un bout de nature qui te mets en appétit,
– tu filmes ou prends une photo de l’objet du désir,
– tu filmes ou tu prends en photo la pièce que tu sèmes à la place (1, 2 ou 5 centimes),
– tu filmes ou tu prends en photo la recette finale ou en cours,
– tu nous envoies tout ça (ou un lien wetransfer) sur : lesvoyageurs.lecafe@gmail.com
– nous diffusons ton œuvre et, quand le café sera ouvert à nouveau, nous te remboursons (si tu le souhaites) l’investissement que tu as réalisé dans la nature …
Là, au moins, il n’y a pas de doute, on sait où va l’argent !
Hihihi !
Pense à l’émerveillement des détecteurs de métaux du futur !
Tu vois ?
En investissant dans la nature, tu investis dans le futur !
Bon …
On se dit au revoir pour cette semaine et on sait que tout va bien se passer jusqu’à la semaine prochaine …
Perle de la semaine :

On a le choix dans notre vie entre avoir raison ou être heureux.

C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Marshall Rosenberg, le papa de la Communication Non Violente.
Plein de câlins de nous tou·te·s !


C’est reparti mon Kiki,
Tournicoti !

Ah là là ! Mon Âmi·e !

Quelle rigolade !

Non ? Allons … fais un effort, veux-tu bien ?

Oui, j’ai écrit le mot « effort », tu ne t’y attendais pas, hein ? Par les temps qui courent, tu aurais bien envie de me demander de ne pas ajouter d’efforts dans la liste des efforts à produire, j’imagine …

Mais c’est que l’effort que je te demande, c’est un tout petit effort de rien, un effortounet tout accessible et heureux …

Tu es prêt·e ?

Ok … c’est parti : fais-moi voir un sourire !

Souris

Oui, je sais, t’es fatigué·e, de tout et du reste, le monde comme il va et l’avis de tous ceux et de toutes celles à qui on ne l’a pas demandé … les jugements à l’emporte-pièce, les idées à courte-vue, courte-portée … je sais tout ça !

Allez … un peu plus grand ce joli sourire-là !

Regarde-moi ça ! Toute cette beauté que tu cachais derrière ces tristes mines … souris … c’est beau !

Il y aura bien des occasions de céder à la colère, de laisser se rompre le barrage des émotions.

Pour l’heure … souris donc un peu …

Ourle, de tes jolies lèvres, ces p’tites perles de quenottes ! Quoi ? qu’ouï-je ? tu ricanes ?
Mais voilà que tu rigoles !

C’est communicatif, je commence moi-même à me marrer, dis-donc ! C’est quoi cette virtuelle chatouille que tu me refiles ?

Hihihi ! Houhouhou ! Hahaha !

Ouh lou lou … avant que je n’oublie à force de me marrer comme ça avec toi tout près de moi, il faut que je te dise que, puisque ton café servira de dépôt AMAP mardi sans être le dépôt à popotin et papote habituel, tu pourras toujours commander une bouteille des bonnes bières qu’on trouve au café :

giphy

– De la Kerzu
– De la Ginger,
– De la Bleunwenn,
– De la Roc’h
– De l’Aour Du
– De la Terenez d’Hiver,
– De la Poèm (IPA, blanche, cuivrée, rooibos)

Ou, si tu veux autre chose que de la bière, il y a aussi du cidre et de la limonade Dour Pik Pik !

original

Bon …

On va se dire au revoir pour le moment et je ne veux pas voir de l’eau des yeux, sauf si c’est à bout de souffle d’un fou-rire à partager !

Souris, souris, cette lumière-là, il n’y aura que toi qui pourra l’éteindre. Mais s’il te plait, avant de penser à l’éteindre, rayonne et rayonne et rayonne !

Un tout petit effort …

« Vos croyances deviennent vos pensées, vos pensées deviennent vos mots, vos mots deviennent vos actions, vos actions deviennent vos habitudes, vos habitudes deviennent vos valeurs, vos valeurs deviennent votre destinée. »

C’est pas moi qui l’ai dit : c’est Gandhi.

Un bon gros paquet de tendresse et de pensées douces et chatouilleuses vers toi, vers vous toutes et vous tous.


ans …

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Tu te rends compte … trois ans déjà.
C’est foufou de se dire que trois années ont déjà volé vers l’horizon ! Ce qui est encore plus dingo, c’est de repenser à la chance et la joie de toutes les rencontres qui ont eu lieu dans TON café.
Parce que, depuis le début, c’est TON café. On est là, bénévoles toujours, toutes et tous pour activer le tourniquet, moulinet à rêves, mais c’est au reflet de ce que TOI tu viens déposer comme belle humeur et chouette énergie dans le lieu …
Certain·e·s avaient prévu, souhaité, que l’aventure ne dure que très peu de temps, nous l’avaient même dit …
Certain·e·s espèrent encore trouver le défaut qui introduirait le grain de sable dans les rouages de cette humaine machine …
Certain·e·s n’ont pas même passé la porte de notre petit paradis et pourtant savent tout le mal que nous faisons …
Ce que tous ces « certains » et toutes ces « certaines » ne pouvaient pas comprendre et ne peuvent toujours pas entrevoir, c’est la magie indescriptible qui se produit quand nous nous mettons toutes et tous en route pour imaginer un lieu où les seules choses qui sont bannies sont l’injustice, la médisance, la rumeur (sauf si elle est vraiment drôle et sans conséquences … d’ailleurs … vous saviez que Violaine et Erwan sont jumeaux, hein ?) et la méchanceté.
Le monde a suffisamment appartenu aux « pragmatiques » … on voit les résultats chaque jour de tous les problèmes que ça engendre en cascade ; le fameux ruissellement n’est sans doute pas celui que le monde attendait. Faisons une place aux idéalistes …
Avec les Voyageurs, nous assumons volontiers notre côté de doux-rêveurs parce que c’est dans ce lieu privilégié, place de la Mairie à Lanvéoc, dégagés de toute la négativité des pragmatiques fanatiques du status-quo, que nous inventons, par la voie de la moindre résistance, une façon sereine de partager nos espaces, nos idées, nos imaginaires, nos repas, littéralement notre pain (co-pain), notre temps, notre affection …
Parce que finalement …
Y a t-il autre chose que cet amour-là ?
Vous avez quatre heures, les calculatrices ne sont pas autorisées …

Petite annonce …

Annonce Anniversaire

Le week-end anniversaire des Voyageurs va peut-être avoir lieu, c’est super, n’est-ce pas ? Alors on reste sur « peut-être », hein, on va essayer de ne pas s’emballer mais plutôt trouver le moyen d’accueillir dans les meilleures conditions possibles tout le monde pour trois jours de joie et de partage …

Alors, ça risque d’être nettement moins «  » » » »spectaculaire » » » » » que le puy du fou mais wahou comme ça va être infiniment plus festif et chaleureux !

Bon … à vrai dire, aucun·e d’entre nous n’a le zérossisse du PDG de l’elysée alors … on ne s’emballe pas …

Mais juste au cas où, réserve ton week-end pour le passer avec nous parce que rooooooooh la la la la la … non ! Je ne vais pas dévoiler le poteau-rose tout de suite …

Je vais te laisser mariner encore un peu !

Alors …

Tu viens, hein ? c’est le deuxième week-end de juillet ! Peut-être …


Solstice des thés (entre autres bonnes choses)

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Le 21 juin, c’est la fête de la musique… mais c’est aussi le solstice d’été. Qui dit solstice d’été dit journée la plus longue de l’année. Comment est-ce possible ? A la manière d’une toupie, la Terre tourne chaque jour sur elle-même et effectue chaque année le tour du Soleil. Mais son axe de rotation est légèrement incliné ce qui a pour conséquence de faire varier notre distance au Soleil. Et, le 21 juin, c’est le moment où l’hémisphère Nord est le plus incliné vers le Soleil.

Assez exceptionnellement, depuis 2008, tous les quatre ans, le solstice d’été a lieu le 20 juin … et cette année, le samedi 20 juin à 23h43 précisément …

Vous souvenez-vous ? En 17 nous nous ordonnions à cette culmination axiale pour ouvrir votre désormais incontournable café associatif « Les Voyageurs », place de la mairie à Lanvéoc …

Chaque année, début juillet, nous célébrons l’anniversaire des Voyageurs avec plusieurs événements comme autant d’occasions de nous retrouver autour de nos valeurs, oserai-je dire « principes » (ah, oui, je l’ai dit) de solidarité, de partage, de savoir-être-joyeux, de tendresse, de culture et de rencontres incroyables …

Cette année est un peu particulière, disons … alors nous n’allons pas tarder à vous annoncer quel week-end sera celui des festivités mais ce n’est pas pour aujourd’hui !

En revanche … avec prudence et bonheur, nous allons ouvrir à nouveau les portes des Voyageurs. On se donne rendons-nous de 15h43 jusqu’au moment du solstice pour relancer doucement, tranquillement, nos activités.

Alors …

Tu viens ? c’est le 20 juin 2020 à partir de 15h43 !


Should I stay ?
Should I go ?

Eden

Eden, jardin des délices, jardin clos, un arbre singulier en son centre.

Dans ce jardin clos des délices, cette intimité poétique, ce lieu rêvé où l’on situe le soi et le quant-à-soi, nous résidons, plein·e·s et heureu·ses·x. Tout est là, à portée de main, de regard, de parfum et de goût. C’est l’exploration nue de nos essentiels bonheurs, nos matricielles et illusoires sécurités affectives.

Dans ce jardin, nous résidons. Nous n’y vivons pas. Nous ne pouvons pas y vivre, juste y résider, y revenir. La plupart d’entre nous viennent de s’y réfugier et même certain·e·s viennent de découvrir, pendant huit semaines, ce jardin. La Grande Grille a grincé sa surprise et nos légèretés heureuses ont pu batifoler là, confinées …

Alors, c’est un autre Eden qui s’est épanoui, celui du vivant que l’on ne perçoit que si on le regarde, plantes, animaux … on a dit « la Nature a repris ses droits », c’est qu’ils lui avaient été enlevés ? Et quels droits pour « la Nature » ? C’est tout naturellement qu’il y a eu un retournement du miroir ! Le Paradis, le havre des délices, le jardin clos, c’est dehors. Tout corrobore et concorde : la multitude, le foisonnement, le chant des fleuves qui courent aux océans …

L’Ordre et le Chaos se tiennent fermement les mains, croisées au-dessus du Monde, et font une ronde furieuse et joyeuse, un mouvement rond, ils ne se lâcheront pas. Notre siège est celui du spectateur.

Aujourd’hui nous sortons de nos Edens, la Grande Grille grince dans l’autre sens et nous pointons nos museaux effarés vers l’extérieur dévirtualisé.

La tentation est grande de rester dans nos délicieux conforts, nos voluptueuses certitudes, « il faut cultiver notre jardin » disait le presqu’innocent Candide au sortir de son périple initiatique et somme toute, convenons-en, bien personnel ! C’est sûr, on est loin du « traité durable » souhaité et invoqué par Ulysse à l’issue de son Odyssée …

Arbre du milieu

Et puis, il y a cet arbre, là, dont on ne sait que faire. Qu’il soit « de vie » ou « de la connaissance du bien et du mal », on ne sait « qu’en faire » … ah ! la langue des oiseaux !

Certains en ont cueilli les fruits pour les revendre sur un marché mondial et fou, pour un kilo « d’avoir raison » on vend un kilo « d’avoir tort » … les courtiers délateurs et autres culpabilisateurs de joie se sont gavés en lieu et place de notre responsabilité intime.

Je reste sûr de ne pas savoir. Sinon pour moi-même. C’est une bien minuscule fraction d’Humanité. Je serais bien embêté de devoir juger et condamner. Les fruits de mon arbre, je les prépare à chaque repas : en salade, en jus, en peinture. C’est bel et bon et ça m’est utile pour aimer mes contemporains. Ça ne concerne que moi.

Fruits

Alors ? On fait quoi ? Une grosse bouchée des fruits de l’arbre du milieu avant de sortir de nos Paradis ? On reste dedans pour cultiver notre jardin ?

On ouvre nos Hautes Grandes Grilles sur le bien commun ?

On garde le regard fixé sur l’inaccessible fruit et l’on se confine dans nos convictions ?

Bon … à force de parler de fruits, j’ai l’eau à la bouche. Heureusement, mardi c’est à nouveau confin’AMAP :
– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

Vous pouvez toujours précommander vos boissons préférées pour emporter un bout de votre café préféré avec vous. Cette semaine il nous reste :
– la bouteille de jus de pommes 1 litre : 4€
– les bières 33cl : 3€
(Térénez blanche, miel, hiver – Poèm, brune, ambrée, blanche – Kerzu – Breizh beach lager – Lemon tri – Redadeg – Aour Du)
– la bière d’hiver de chez an alac’h en 50cl : 4€
– le cidre bouteille de 33cl : 2,50€
Pour précommander : lesvoyageurs.lecafe@gmail.com ..
Pour régler : préparez une petite enveloppe que vous nous déposerez mardi !

Quoiqu’il en soit, l’autre jardin des délices, l’immense et bleu-comme-une-orange-Eden, jardin clos aux limites de nos pas, redevient arpentable. Gardons-nous bien de le fouler « comme avant », « business as usual », « je ne saurais jamais vivre sans argent dans un monde financiarisé » … ce n’est pas « le vieux monde », ce sont juste nos « vieux schémas de siècles révolus ».

Et si nous y trottinions gentiment, hein, posant délicatement le pied comme on pose un regard : léger ?

Nous vous embrassons : léger.

Nous allons nous croiser plus facilement : léger.

C’était notre dernière lettre de confinement, le cœur : LÉGER (parce que vous y résidez aussi).

Toute l’équipe du Café associatif
de la presqu’île de Crozon :
Les Voyageurs


Décalécatan-décalécatan !
Ohé ! Ohé !

Yeux

Allaoui, Assiko, Mapouka, Saidi, Cueca, Twist, Odissi, Legong, Hora, Schuhplattler, Maclote, Fandango, Jabadao, Menuet, Cancan, Tsamikos, Tarentelle, Halling, Polka, Khorovod, Pilou-pilou, Haka, Tamouré ou Paso-musette, la ronde des annonces plus ou moins absurdes, lacunaires, et des déclarations officielles et / ou contradictoires a commencé … le bal est ouvert !

Et ça danse de toutes parts ! Ça veut ! Ça exige ! Ça demande ! Ça déclare que ! Ça interdit de ! Tic-tac-tic-tac, quelques jours, la fenêtre s’ouvre, la porte grince de plaisir, le cœur bat un peu plus vite … mais concrètement … rien n’a changé depuis les semaines passées : On ne sait rien.

Ah si ! On sort !

C’est déjà ça …

Yeux _

Et à ce grand bal nous sommes toutes et tous invité·e·s ! Entrez dans la danse ! Voyez, mais voyez ! Voyez comme on danse ? Cigales, fourmis … dansez ! Chantez ! Interdit de s’embrasser …

Je repense à ces scènes de « On achève bien les chevaux » …

Chantage national à la reprise d’activité à base d’enfants à scolariser … il y a des règles qui ont été décrétées par des gens dont c’est le métier de décréter des règles, alors tout va bien se passer … n’est-ce pas ?

Siiiiiiiii … tout va bien se passer … par décret officiel de va-bien-se-passitude ! Et puis si ça se passe mal, eh bien ce sera « la faute à » / « à cause de » … jamais celle des décréteurs ! C’est bien connu, nous sommes ingouvernables. Même à grands renforts de contrôles et contraventions abusives, d’interdictions insensées basée sur l’infantilisation de la population ou sur la base de procès d’intentions, de démembrements, d’éborgnements, de tabassages sommaires, de leçons de natation forcées dans les fleuves de France ou simplement de démocratie sous surveillance – drone de démocratie, hein ? – nous sommes ingouvernables !

En attendant, l’école doit reprendre ! La règle est nationale … il y a bien quelques couleurs jetées sur les départements pour annoncer : rouge = là c’est grave, vert = là c’est pas grave et orange = c’est un tout petit peu grave. Mais la règle est nationale. La même pour toutes et tous ! C’est probablement une question de principe républicain … je ne vois pas sinon …

Le petit organisme vivant farceur qui nous tue ou nous tient compagnie depuis plusieurs semaines ne nous livre pas une guerre, il fait sa vie d’organisme vivant farceur … et comme la plupart des représentants du vivant sous toutes ses formes, il ne pense qu’à une chose : se reproduire … si, si … ne fais pas l’innocent·e, toi, là-bas ! On sait bien que tu ne penses qu’à ça !

La règle sera donc la même de Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux à Rennes, Quimper, Douarnenez, Lanvéoc ou Poullouguen … C’est le petit organisme vivant farceur qui va être content !

Enfin bref … il est temps de remettre les enfants à l’école ! Il est donc l’heure aussi de remettre tout le corps enseignant et scolaire (l’école ne se compose pas uniquement d’élèves et de profs, il paraît) au turbin … les règles décrétées sont absolument technocratiques et déconnectées de la réalité du terrain. On ne peut pas tout faire … décréter et servir sa fonction de délégation de pouvoir du peuple pleinement.

Une chose est sûre cependant. Ecole ou pas, l’accessoire fashion top-mode de l’année 2020 sera le masque …

Yeux

Le miroir de l’âme a dit le proverbe …

Eh bien il va en falloir du reflet dans les intentions de nos adultes qui devront prendre en charge nos chères petites et nos adorés petits. Comme la plupart des primates, nous, hominidés, communiquons énormément avec nos visages : le sourire de la joie, de l’amitié, de l’approbation, du plaisir, bien entendu, la narine qui se cabre de colère, les traits qui s’affaissent de tristesse …

Parents, il va falloir faire preuve de beaucoup de créativité éducationnelle pour faire accepter aux fruits de vos entrailes qui sont, par définition, démunis de tout référentiel lié à l’expérience de vie puisqu’ils et elles débutent la leur, qu’il va y avoir une alternance de jours à l’école, parfois sans les copains (bé oui, comment on fait les groupes ? Dans certaines classes, si vous mettez Lydia avec Matteo, vous ruinez votre séquence !), face à une maîtresse ou un maître à demi-visage qui rejette et police tous les contacts humains inhérents à notre espèce, intrinsèquement liés à notre façon d’apprendre à communiquer.

Ça vaut le coup de reprendre le boulot, hein !

En tout cas, entre adultes consentants nous pourrons, encore cette semaine, nous dire de la tendresse avec les yeux puisque mardi c’est confin’AMAP :
– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

Vous pouvez toujours précommander vos boissons préférées pour emporter un bout de votre café préféré avec vous. Cette semaine il nous reste :
– la bouteille de jus de pommes 1 litre : 4€
– les bières 33cl : 3€
(Térénez blanche, miel, hiver – Poèm, brune, ambrée, blanche – Roc’h – Kerzu – Breizh beach lager – Lemon tri – Redadeg – Aour Du)
– la bière d’hiver de chez an alac’h en 50cl : 4€
– le cidre bouteille de 33cl : 2,50€
Pour précommander : lesvoyageurs.lecafe@gmail.com ..
Pour régler : préparez une petite enveloppe que vous nous déposerez mardi !

Et voici, les ami·e·s !

Oh ! Surtout ne pas oublier ! Si vous ne l’avez pas encore attrapé, le dernier AMZER est arrivé ! C’est par ICI!

Et puis n’oubliez pas, où que vous soyez, de votre côté de cette lettre, même masqué·e·s et tenu·e·s à distance, nous nous reconnaîtrons et à nouveau, nous ferons corps et continuerons à cheminer vers cet amitié qui nous unit.

Vous nous manquez terriblement. Nous vous embrassons non moins terriblement.

Toute l’équipe du Café associatif de la presqu’île de Crozon :

Les Voyageurs


Ne te découvre pas d’un fil !
Non, pas d’un fil …

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Avril est passé …

Bon, presque, je vous l’accorde, il nous reste encore cinq dodos avant que ce soit officiel.

Il aura filé, ce mois-ci, pelotonné sur lui-même, tourneboulé vers l’intérieur. Heureusement, quelques filets de soleil pour infiltrer nos quotidiens emboîtés : maison-grande-boîte et toutes nos famillières-petites-boîtes, tiroirs de souvenirs et fouillis d’inanimés témoins de passages de vie, de vies passées.

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Le tout c’est de ne pas perdre la bobine !

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Encore trop tôt pour lâcher l’écheveau …

La sortie du labyrinthe est pour bientôt, il paraît.

Comme je ne suis ni analyste politique, ni gouvernant, ni législateur, ni scientifique, ni virologue, ni journaliste, ni prophète et encore moins devin, je vais garder ma parole simple et douce, mes yeux grands ouverts, mes bras prêts à accueillir, ma main sur le fil.

Alors, pas le fil de la couture du pantalon, hein, je ne suis pas non plus de ceux-là.

Juste sur le fil entre nous, la ligne de vie, manifeste et joyeuse, la bobine que nous avons laissé se dérouler depuis notre entrée dans le dédale des jours du dedans.

Comme nous toutes et nous tous, pas agrippé, juste à portée de main, la petite douceur dans un coin qui rappelle que nous sommes toujours là, les unes avec les autres, les uns pour les autres.

Et pour celles et ceux d’entre nous qui auront suivi les règles de ce confinement, par obéissance à un principe sanitaire ou par prudence ou par obligation, nous tenant éloigné·e·s les unes des autres, imaginez la joie de nos retrouvailles.

Il y aura bien encore cette semaine une occasion de se dire la tendresse avec les yeux puisque mardi c’est confin’AMAP :
– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

Vous pouvez toujours précommander vos boissons préférées pour emporter un bout de votre café préféré avec vous. Cette semaine il nous reste :
– la bouteille de jus de pommes 1 litre : 4€
– les bières 33cl : 3€
(Térénez blanche, miel, hiver – Poèm, brune, ambrée, blanche – Roc’h – Kerzu – Breizh beach lager – Lemon tri – Redadeg – Aour Du)
– la bière d’hiver de chez an alac’h en 50cl : 4€
– le cidre bouteille de 33cl : 2,50€
Pour précommander : lesvoyageurs.lecafe@gmail.com ..
Pour régler : préparez une petite enveloppe que vous nous déposerez mardi !

Et voici, les ami·e·s !

Je vous rappelle le lien vers une prose locale autre que la mienne avec le joli projet collaboratif mené par Magali du collectif N’Ouzon Ket : #nosviesenquarantaine
(c’est ici : https://nouzonket.wordpress.com/fiction-chorale/)

Nous vous espérons toutes et tous en belle forme et en pleine santé.
Nous vous envoyons nos pensées et des embrassades fantômes … ce n’est pas parce que vous ne les voyez pas qu’elle ne sont pas là !

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Allez !

Bisous !

Toute l’équipe du Café associatif
de la presqu’île de Crozon :
❤️🧡💛💚💙💜Les Voyageurs💜💙💚💛🧡❤️


Alexandre le bienheureux

Brave Nouveau Monde …

Décidément, les concierges de notre nation – entendez par là : nos gouvernants – sont bien désemparés face à la situation. D’autres nations, même voisines, ont trouvé des solutions pour répondre à la fois à l’urgence sanitaire et à l’inquiétude des populations … Pas chez nous, loupé, pfuit, plouf et prout …

On pourrait se féliciter qu’ils et elles aient enfin quitté une rhétorique guerrière mais ce serait ne pas voir qu’ils et elles sont passés à une rhétorique millénariste … ça pourrait être hilarant de prévisibilité si ce n’était pas si triste …

Juste pour la lisibilité du propos, le millénarisme repose, dans nos sociétés occidentales et majoritairement athées, agnostiques et judéo-chrétiennes, sur cette attente du jugement dernier qui devrait arriver très très très bientôt … mais en attendant, « on ne sait pas », « il faudra être prêts à faire des sacrifices » … blah blah blah … et prout, disais-je !

Dans ce passage vers ce qu’il convient d’appeler désormais « le mooooooonde d’après » (à entendre avec la voix de la bande annonce du film catastrophe), le choix se porte encore sur une culture de la peur, de la fin, de la ssssssssssouffrance !

Prout, je vous le dis en vérité : Prout !

Dans cette chrysalide vers « le mooooooonde d’après », on nous assène régulièrement des :
– fais ci !
– non, fais plutôt ça …
– ne bouge pas !
– fais de la gym !
– surtout ne prends pas un gramme !
– écris !
– lis !
– fais l’école !
– le futur sera comme-ci !
– non ! pire ! le futur sera comme-ça !
– il faudra faire ceci !
– il faudra faire cela !
– et son contraire parce qu’on sait jamais …

Vous voulez que je vous dise ?
Ben oui, voilà : PROUT !
(bravo, y’en a trois qui suivent !)

Un ancien maître de théâtre m’a expliqué un jour ancien (millénaire dernier, minimum) le rapport intime et intrinsèque entre la contrainte et la liberté … aussi absurde, arbitraire et liberticide que soit la contrainte. C’était un Russe … croyez-moi, il avait une idée assez claire de ce que pouvait être une contrainte absurde et/ou arbitraire …

Nous pouvons continuer à combattre le vieux monde avec ses propres armes … trouver des moyens pour retourner la contrainte, enfreindre la règle au nom à la fois de la désobéissance civile et du petit confort personnel qui consiste à ne prendre en compte que son propre mode de vie et d’éveil au mooooonde … Vous imaginez bien que les armes que nous fournit l’ancien monde sont conçues pour ne pas le blesser … pas fou le vieux monde …

Ou alors … nous pouvons puiser en nous-même, quitte à aller chercher loin, voire même dans des nappes phréatiques (du grec phréar, de l’indo-européen commun *bhreu- bouillonner, passé du sens de source bouillonnante à celui de puits, point d’eau) que l’on croyait oubliées, des mécanismes profondément libertaires qui nous invitent à une plus grande créativité face à l’ampleur du désastre que nos concierges tentent de nous faire avaler comme à des oies du Périgord … et là il va falloir être drôlement créati·f·ve·s ! Mais vous savez quoi ? Pour deviner si vous tâtonnez sur le bon chemin, c’est facile … ça génère du plaisir et de la joie de se découvrir des ressources inestimées de créativité !

Alors … réactivité ou créativité ? un peu des deux ? je vous l’emballe ou c’est pour tout de suite ?

Prout, prout, prout et re-prout !

Ouh ! En parlant d’emballer … ça me fait penser aux paniers de la confin’AMAP qui aura lieu mardi. Toujours les même conditions :
– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

En revanche, il y a une nouveauté … comme le café n’ouvre pas ses portes, nous vous proposons d’emporter avec vous un bout du café en précommandant vos boissons préférées :
– la bouteille de jus de pommes 1 litre : 4€
– les bières 33cl : 3€
(Térénez brune, miel, hiver – Poèm, brune, blonde, blanche – Ginger – Roc’h – Kerzu – Breizh beach lager – Tricératops – Lemon tri – Redadeg)
– le cidre bouteille de 33cl : 2,50€

Pour précommander : lesvoyageurs.lecafe@gmail.com ..
Pour régler : préparez une petite enveloppe que vous nous déposerez mardi !

Il est temps pour nous de vous chuchotter des tendresses, de vous promulguer des sourires, de vous prescrire des câlins-fantômes (vous ne les voyez pas, mais ils sont là !), de vous rappeler de vous souvenir que tout ça est surmontable parce qu’on aime … parce qu’on s’aime … et alors viendra le temps de la récolte de ce que l’on s’aime …

Et pour tout le reste, moi je dis :

Prout-Prout-Prout-Prout, Prout, Prout, Prout, Prouuuuu-outheuh, Prout-Prout-Prout-Prout, Prouuuuut, Prout-Prout-Prout !
(sur l’air du jurassien Rouget de l’Isle)

Toute l’équipe du Café associatif de la presqu’île de Crozon :
Les Voyageurs


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En fait et en l’état des choses, je dois bien reconnaître que j’avais fait preuve d’un optimisme débordant et que j’avais omis de penser à intégrer dans mes réflexions quotidiennes un élément pourtant déterminant : l’humain.
Eh oui …
L’humain qui n’est pas fait que de lumière, de poésie, de danse, de chanson et de rires … l’humain qui n’est pas uniquement lettré, instruit (par d’autres ou par luiel-même) et curieux … l’humain qui, selon l’heure de la journée ou l’état d’éveil de l’époque et de l’environnement direct, n’est pas uniquement un être d’amitié, d’amour, de compassion, d’empathie et de sérénité … je parle bien entendu de nous, les Voyageuses et les Voyageurs !
(Sourire en coin)
Eh non …
Il y a en creux et en miroir de ces vertus qui constituent le cœur de l’aspiration à la paix depuis que l’humanité réfléchit sur elle-même, une résurgence de comportements vils et veules … un retour des corbeaux de village ou d’immeubles … une réapparition des petites jouissances morbides à voir un·e autre humain·e être puni·e par un appareil législatif devenu fou et répressif, cette démesure de l’application, aveugle et soumise, de règles qui défient le sens commun.
Malheureusement, cette responsabilité est portée par celles et ceux qui ont choisi de s’enrôler dans la branche de la fonction publique qui protège les plus fragiles des citoyens partout sur notre territoire, que dis-je, sur notre planète … celles et ceux à qui l’on a confié la mission de nous protéger, nous et nos libertés, et le cas échéant de protéger ces libertés coûte que coûte, quitte à désobéir à des ordres arbitrairement stupides.
On le constate : ça, c’est en théorie. C’est, sur le papier, la part d’impôts que l’on paie pour être protégé·e·s.
Nous allons en avoir des histoires absurdes et ubuesques à nous raconter !
Depuis le début on se l’est dit : nous nous souviendrons !
Chers Voyageuses aimées, chers Voyageurs aimés, je me suis mépris. Cette période que nous traversons actuellement et que nous n’avons pas fini de traverser, n’est pas uniquement une opportunité. C’est aussi une responsabilité …
C’est à nous toutes et à nous tous qui, je le sais, avons les capacités à faire exister vraiment et concrètement un modus vivendi respectueux de chacune et chacun, conscientes et conscients de l’indéniable privilège de faire corps dans ce moment particulier, à nous qu’il revient de faire montre et faire preuve de nos humanismes mêlés et métisses …
Questionner la règle et attendre des réponses véritables, ce n’est pas l’enfreindre …
Tiens, en parler de règles, on se le dit à nouveau, mardi c’est Confin’AMAP, comme suit :
– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.
En attendant les patchs-tendresse …
Où que vous soyez, ne perdez jamais le trousseau de clefs de nos futures retrouvailles :
– une clef pour l’espoir,
– une autre pour la joie,
– une belle pour la gentillesse (parce que c’est super sexy !),
– une solide pour la confiance en nous,
– une neuve pour la vision à porter « après »…

Et maintenant, quelques dizaines de milliers de baisers sur vos mines ravies !

Terriblement, vous nous manquez.

Toute l’équipe du Café associatif de la presqu’île de Crozon :
Les Voyageurs 

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Neuf jours … ou plus …

Alors ?

C’est la dernière ligne droite ou presque ?

Une toute petite dizaine de jours avant de sortir sans laisser-passer ? Nous retrouver toutes et tous ?

Peut-être.

Le numéro d’équilibre à maintenir reste le même : vivre au présent. Que ce soit parce que l’on est confiné et que le temps s’étire et se contracte au gré des humeurs, des nouvelles, de la météo … ou que ce soit parce que l’on est au chevet de celles et ceux qui ont besoin d’aide pour retrouver le souffle … ou que ce soit parce que l’on a fait le choix de nourrir l’humanité et que le printemps est là et que tout pousse, pousse, pousse et sort de terre, sort de l’hiver sombre et tempétueux que nous avons connu dans notre humble coin de carte postale … ou que ce soit parce que l’on fait partie de celles et ceux qui ont pour mission de préparer la sortie du confinement …

La donne est la même pour nous toutes et nous tous … Juste le présent.

Que l’on soit artiste qui montre ses talents ou artiste qui observe et qui, plus tard, témoignera de ce maelstrom vertigineux que nous traversons … juste le présent.

Que l’on soit rassuré ou que l’on flippe, seule, seul, accompagnée, accompagné … juste le présent.

Que l’on patiente ou que l’on trépigne, que l’on s’octroie une parenthèse enchantée de repos et de recul ou que l’on panique à force de ne pas savoir quand, ne pas savoir comment tout cela va continuer … juste le présent.

Juste. Le. Présent. Comme un cadeau : le présent.

C’est juste là que se trouvent toutes les ressources pour la suite. C’est en dedans que se trouvent toutes les ressources pour traverser ce moment, à l’aube d’un siècle marchand qui montre ses limites …

Tout ne s’achète pas, tout ne se vend pas … certaines choses s’offrent : comme un cadeau … le présent.

Bon … c’est pas tout ça … il faut aussi que je vous dise que mardi … c’est Confin’AMAP, vous vous souvenez des règles ? Bon … deux trois consignes :

– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

Oh ! Et puis je sais aussi à quel point le nouvel AMZER vous manque … Heureusement, l’équipe éditoriale a plus d’un tour dans sa boîte à solutions ! Retrouvez l’édition du mois d’avril de votre mensuel préféré ICI

Et si vous n’avez pas gardé les éditions précédentes, pas de panique, vous pouvez récupérer toutes les éditions que vous aimez par ICI.

Et si vous êtes sur Facebook, c’est par ICI, et sur Instagram, c’est par ICI.

C’est une bonne nouvelle ça ! Un peu de lecture d’écritures multiplumes, guidées par la rédac chef de choc(olat – tant elle est douce) : Violaine Andrieux, accompagnée photographiquement de son jumeau Erwan, bien entendu !

Du côté de N’Ouzon Ket, Magali continue de collecter les écrits multiplumes d’un peu partout et l’on peut commencer à lire le début de cette fiction chorale ICI.

Et voici que vous savez tout … ou presque …

Eh ben oui, je ne vous ai pas encore dit que l’on pense à vous, chacune et chacun d’entre vous, oui, même toi qui boude dans ton coin. On pense à vous, on vous prend dans nos grands bras virtuels et on vous envoie toute notre tendresse.

Toute l’équipe du Café associatif de la presqu’île de Crozon :
Les Voyageurs


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Bonjour les z’Âmi·e·s !

On entame notre troisième semaine en solitaire …

Quelle traversée, mes ami·e·s ! Quelle traversée ! Notre immobile Odyssée … Avec ou sans équipage, à voile ou à vapeur, les voici lancées nos frêles embarcations ! Il y aura bien ce moment où nous débarquerons à nouveau, le pied sur le sol ferme, l’incertitude abandonnée aux flots de cette incroyable voyage, soyons-en certain·e·s.

Mais pour l’heure, le voyage en question est vers l’intérieur. Vous avez vu comme c’est beau dedans quand on s’y attarde ? Vous les voyez, les retrouvez, ces petites attentions portées de soi à soi ? Bientôt notre antre (ou entre parce que c’est beau les trajets) rouvrira ses portes et nous goûterons la joie du printemps qui s’attarde en terrasse avec de la musique ou des choses divertissantes et belles, toutes les boissons qu’on aime et surtout … les gens qu’on aime !

Alors prenez bien le temps de lisser vos plumes et prenez aussi grand soin de vos intérieurs … nous nous retrouvons bientôt !

Mais d’ici là, nous allons peut-être nous croiser à la distribution express de demain soir, mardi, en respectant toujours deux trois consignes :

– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

Oh ! J’y pense ! Pour répondre à une question qui nous a été posée la semaine dernière, les quizzes hebdomadaires reprendront à la réouverture du café … si d’ici là je ne vous ai pas concocté une édition spéciale « Les miscellanées du café » !

Soyez toutes et tous certain·e·s d’une chose : On vous aime et vous nous manquez !

(oui, même toi qu’on a pas vu au café depuis un petit bout de temps … on t’embrasse aussi !)

Toute l’équipe du Café associatif de la presqu’île de Crozon : Les Voyageurs


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Comment ça va ?

C’est fou et agréable d’entendre cette phrase tout le temps ces temps-ci !

« Comment ça va ? »

On le voit bien, dans notre humble coin de carte postale (et un peu au-delà, il faut bien le reconnaître), c’est une des préoccupations principales. S’assurer que tout le monde va bien.

La transition entre « occuper son temps » et « s’occuper de soi » est en phase avec l’événement … Vous vous rendez compte ? On pourra le dire :

« J’ai vécu la quarantaine planétaire en 20 ! »

Puisque l’événement est global, nous entrons tou·te·s dans l’Histoire. Bien sûr, il y a nos préoccupations immédiates et vitales mais dès que l’on fait ce fameux petit pas de côté pour observer la chose dans son ensemble … quel vertige !Jamais avant.

C’est une première pour l’Humanité.

Voilà qui nous pousse à une humilité dont il ne s’agira pas de se départir une fois l’extension des territoires promenables retrouvée !

Le moment est formidable. L’instant est précieux. Nous nous souviendrons. Rares sont ces occasions quand il nous est crucial de nous réfléchir en tant qu’espèce, mammifères à la surface de cet écosystème miraculeux qu’est l’Orange Bleue.

Mais il faut penser à se nourrir … et à se nourrir bien !

C’est aussi pour cette raison que, en concertation étroite avec l’AMAP, nous avons convenu de maintenir les distributions. Il ne s’agit pas d’exposer les Amapiens à un plus grand danger sanitaire que s’ils allaient, je ne sais pas moi … à la boulangerie, par exemple !

En revanche, il s’agit toujours de proposer les produits frais les plus sains et plus goûteux du coin en respectant deux trois consignes :
– Les paniers seront prêts par ordre alphabétique des prénoms, sur deux tables posées en terrasse.
– Les gens attendront, avec une distance de sécurité d’un mètre entre chacun, au niveau de l’ancien cabinet de kinés, entreront sur la terrasse par le haut et sortiront par le passage habituel.
– Personne ne pourra malheureusement rester papoter, l’idée étant vraiment de faire un passage éclair : j’arrive, j’attends, je prends, je pars.
– Le café sera fermé et les personnes en charge de la distribution porteront gants et masques.

Alors oui, malgré les menaces de dénonciation à la gendarmerie de certain·e, nous continuerons la distribution. D’abord parce que nous ne contrevenons pas à la loi, ensuite parce que si notre café associatif existe et tient le coup face à toutes les adversités, c’est parce qu’il y a un petit quelque chose d’inaliénable entre nous tou·te·s : de l’affection … et du respect … nous prenons soin les un·e·s des autres. Nous sommes adhérents d’un projet commun, pas des clients.

Nous nous souviendrons, disais-je, de nos humanités dans ce moment de crise.

D’ailleurs en parlant de crise, la mairie de Lanvéoc met en place tout une série de dispositifs pour venir en aide à celles et ceux qui pourraient se sentir isolé·e·s, alors n’hésitez pas à les contacter ces « gens bien » (on a du bol, quand même) !

Et puis, si jamais parmi vous il y a de naissantes plumes, il y a cette initiative rigolote du collectif d’artistes de la Presqu’île de Crozon N’Ouzon Ket proposée par Magali !

Bon … le jardin ensoleillé appelle … je vous envoie notre affection et nos câlins virtuels de la part de toute l’équipe du café et je retourne à ma déconnexion …

Parce que ça aussi : ça fait du bien !


Quarantaine mars-avril 2020

Ah ! Mes ami·e·s …
On y est … obligé·e·s, forcé·e·s, contraint·e·s de rester à domicile ! Obligé·e·s, forcé·e·s, contraint·e·s de ne pas aller travailler hors de chez soi … obligé·e·s, forcé·e·s, contraint·e·s de s’épargner les trajets … obligé·e·s, forcé·e·s, contraint·e·s de passer du temps à le regarder passer.
Je ne parle pas bien sûr de tous les personnels soignants qui sont mobilisés pour remplir leur mission. A toutes celles et tous ceux qui ont fait le choix de ces métiers-sacerdoces : au boulot ! Au boulot et MERCI (d’avoir choisi de faire ce métier) !
Pour nous autres … quelle respiration ! Face à un virus qui menace de nous en priver … (voix grave et douce) Respirez profondément … prenez ce temps-ci, aussi.
Le temps qui n’est pas à tuer. Ce temps qui nous atterrit dans les bras ces jours-ci, c’est un temps vivant, un temps qui a du sens … des sens …
le temps de sentir la boisson chaude du matin avant de la goûter. Le temps de renifler cette touffe de cheveux sur la tête de vos enfants en écoutant leur p’tite respiration calme. Le temps de toucher le petit velours de la partie toute douce derrière l’oreille du chat.
Et le son de la peau sur la page du livre ?
Et le parfum et la lumière du printemps insolent qui arrive par la fenêtre ou dans le jardin et qui joue à travers les branches qui commencent à se couvrir de bourgeons ?
Et si on ajoute l’intuition dans tous ces sens … l’intuition qu’il y aura un après cette expérience collective, humaine, universelle puisque planétaire.
L’intuition qu’avec ce temps pour revenir à l’aventure primordiale, celle de nous à nous, il est envisageable que cette respiration que nous offrons à notre planète, notre céleste véhicule, nous en revenions grandi·e·s, dénudés des futiles désirs qui étouffent nos rapports à grands renforts d’égos gonflés, riches de signes extérieurs d’appels à l’amour …
D’ailleurs, je ne vous dit que ça, mais, dès la période de prudence levée, on se fera une journée entière de câlins aux Voyageurs.
Bientôt … pas aujourd’hui …
Oh ! D’ailleurs … aujourd’hui et mardi prochain, c’est AMAP …
Enfin presque, nous maintenons la distribution en respectant les règles de non-contamination, à l’extérieur, sur la terrasse ensoleillée, le temps que tout le monde attrape son panier.
Jusqu’à ce que nous ayions la joie de nous jeter dans les bras les un·e·s des autres, le café est fermé.
Avec toute notre affection,
L’équipe du café associatif de la presqu’île de Crozon : Les Voyageurs ! 

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Un été aux Voyageurs…

Saison 2

       L’année dernière, visiteuse régulière du café associatif Les Voyageurs à Lanvéoc, j’y ai gouté l’ambiance festive et créative, douce et chaleureuse. Conquise et touchée par cette humanité qui se rencontre, j’ai posé mes valises non loin de là, me plaçant aux premières loges pour vivre un nouvel été au rythme et au cœur des Voyageurs.

        La saison estivale est lancée par l’anniversaire du café. Deux ans d’existence et un bilan plus que positif, un public croissant lors des évènements, et des adhérents de plus en plus investis. Adhérents qui deviennent un soutien de poids dans la gestion quotidienne du café pour les membres fondateurs, devant réduire leurs permanences en raison de l’essor de leur activité principale. Pour Violaine, la publication de l’Amzer, mensuel gratuit de la Presqu’île de Crozon Aulne Maritime, et pour Erwan et Malik, la création des spectacles du collectif N’Ouzon Ket. C’est ainsi que les bénévoles se sont multipliés derrière le comptoir cet été, donnant tout son sens au mot « associatif ».

       Preuves que les liens se tissent et perdurent, les artistes sont également fidèles aux Voyageurs et présents lors de cet anniversaire. Pendants ces trois jours de festivités, les habitués ont retrouvé le théâtre déjanté de Sophie Look avec Citrus Andronicus, le spectacle musical du Bas-Duo, Oriana et son nouveau binôme pour Blooming Mémories, les Plack, Maïwenn et Dez, et bien sûr les Honeys, invitées régulières du café !

       Les murs font également peau neuve pour l’occasion avec une nouvelle exposition mettant à l’honneur Joe et son univers si particulier, une jeune artiste presqu’ilienne au talent indéniable et très prometteur.

       Tout cela agrémenté, pour ravir nos papilles, de saveurs exotiques cuisinées par Kévin ! La recette d’un beau week-end passé ensemble, un concentré des belles énergies qui circulent aux Voyageurs pendant l’année et qui vont se propager tout au long de l’été…

         Ainsi sous le beau soleil de juillet, rafraichissements, détente, et rencontres se multiplient sous le signe de la musique avec Ziia, Dju, Eléna Josse et Nicolas Cambon. Sans oublier, Gustus et Mélo, musiciens nomades partis à vélo de Lyon au mois d’avril et parcourant les routes avec leurs guitares et leur poésie chantée ou slamée. Des textes qui nous parlent d’une société qui perd le lien et le sens, et nous fait mesurer la chance d’être là,  dans ce café où se reconnectent l’humain, la terre et l’art.

         Un soir comme tant d’autres aux Voyageurs. Un mardi, rendez-vous des adhérents de l’AMAP, où se retrouvent producteurs locaux et adeptes du bien manger. On s’y arrête pour récupérer son panier de légumes, boire un verre entre habitués et y déguster des préparations faites maison. Un moment de partage et de convivialité.

         Puis, arrive le mois d’août et la folle semaine du Bout du Monde, qui fait de Lanvéoc un lieu de passage stratégique pour les festivaliers venus de tous horizons…

        Pour l’occasion Kevin Guermeur investit les lieux, comme à son habitude avec sa cuisine, mais aussi avec ses toiles. Il y expose avec Marine Vassal. Une double expo, « Thérianthropia », pour deux artistes qui travaillent l’anthropomorphie.

        Les toiles de Marine, sur fond de pages fanées ou de cartes vieillies, nous révèlent des animaux aux tempéraments bien affirmés et terriblement humains. Une lionne, une hermine, un loup et un sanglier prêts à en découdre, la grande classe de l’âne, du cochon et du lièvre, des personnages dont on aimerait connaître l’histoire, surement passionnante.

        Kévin et son trait impulsif nous plongent dans un univers sombre et troublé où surgissent, comme sortis des brumes d’un rêve, un iguane au regard inquiétant, un mystérieux cerf, le doigt provocateur d’un chimpanzé, et les ombres d’une vie à bord d’un navire, le Black Sondar…

         En résidence pendant une semaine, ils ont donné au café des airs d’atelier d’artistes, le transformant encore un peu plus en escale pour voyageurs inspirés.

        Sont d’ailleurs attendus avec impatience dans notre auberge improvisée, les brésiliens de TechnoBrass. Programmés au festival du Bout du Monde et aux Mardis de Morgat, ils logeront chez Violaine au-dessus du café toute la semaine, et offriront aux Voyageurs un concert mémorable, faisant résonner dans Lanvéoc leurs cuivres et leurs rythmes cadencés.

        Une semaine pendant laquelle ils vont profiter, comme bon nombre de festivaliers, de l’ambiance joyeuse et ensoleillée de la terrasse, de son petit-déjeuner crêpes, « le Breizh-fast », et de la cuisine vietnamienne de Kévin.

        Profiteront également de l’escale, Ben et Justine, venus en stop d’Avignon avec une question, « Quel est ton rêve ? ». Un joli projet qu’ils présenteront pour la première fois, de manière complètement impromptue, au public du café lors du lundi « retour de festival ». Eux qui ne devaient être que de passage, planteront leur tente trois jours dans le jardin des Voyageurs. Une de ces jolies rencontres qui marqueront l’été et les bénévoles du café.

         Une fois le festival du Bout du Monde terminé, le mois d’août s’égrène en douceur. Lanvéoc retrouve son calme, et le café ses visiteurs de passage. Randonneurs, campeurs, touristes et habitués viennent rythmer les ouvertures quotidiennes, toujours ponctuées par de beaux moments de musique, avec le retour très attendu du trio vocal polyglotte préféré du café, Les Honeys, Clover Leaf et sa Pepper Folk et le guitariste virtuose Soïg Sibéril.

        Après quelques jours de pluie, le soleil et la chaleur sont de retour sur la presqu’île, mais la fin de la saison estivale approche pour les Voyageurs.

        Au programme de ce dernier week-end d’août, un stage d’écriture et de mise en voix proposé par N’Ouzon Ket avec Irvi et Malik, « Dans tous les sens ». Pendants deux jours, les stagiaires vont jouer avec les mots, et apprendre à les dire. Pour laisser libre à la création et à l’intimité de ce moment, le café ferme ses portes, il rouvrira le dimanche avec un Tea Time et la restitution de l’atelier. Le public présent sera invité à découvrir la production du week-end les yeux bandés ! Une aventure sonore et poétique troublante…

        Arrive la soirée de fin de saison. Des crêpes, et un bœuf musical géant ! Violons, guitares et accordéon, les habitués de la session Folk Irish Trad’ du vendredi, et de nouvelles voix sont aux rendez-vous. Une soirée à l’image des Voyageurs, pleine de joie, de bonne humeur et de bienveillance où les plus aguerris encouragent les plus timides à se lancer.

         Ainsi se termine la saison estivale au café associatif, en douceur et en musique. Une autre année s’annonce, tout aussi riche, et pleine de surprises…

      A très bientôt Les Voyageurs, et Merci pour ce bel été !


Cette semaine aux Voyageurs !